‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 240 sur 550 · Iliad., VI, 179; XVI · texte numérisé non relu

Iliad., VI, 179; XVI

4. '/.^fj-oLipa. est la chèvre âgée d'un hiver [^eifitiv),' Cf. avec le nom de la Chimère, xsifuippooi, le torrent grossi par les pluies d'orage. V. les rapprochements indiqués par Max Huiler, Zeitschr. f. vergl. Sprachf., XIX, p. 43.

5. Il y avait un volcan, du nom de Chimaera, près de Phasélis en Lycie (Plin., Oisi. nai., 11,230; V, 100, .M. L. Jahn., coll. Teubner). Cf. Strah., XIV, p. 065.

donner naissance aux coursiers d'Achille « qui volent avec les vents ))^ Chez Hésiode, elles sont les fougueux génies de la tempête marine. Le poète leur donne, en effet, pour sœur Iris, Tarc-en-ciel qui brille pendant Torage, et il les fait naître de l'union de Thaumas et d'Électrè, c'est-à-dire des phénomènes merveilleux de la mer illuminée du feu du ciel*. Les effets meurtriers de la tempête les firent considérer comme des divinités de la mort. Les marins dont on n'entendait plus parler, qui, après une longue absence, ne rentraient pas au port, avaient rencontré les Ilarpyes dans leur voyage et avaient été enlevés par elles. C'est ainsi que Télémaque, parlant d'Ulysse dont il n'a point de nouvelles, dit qu'il a sans doute été la proie des Harpyes^. De même, dans une tradition] de VOdyssée, ce sont les monstres qui ont subitement emporté les filles de Pandaréos pour les livrer aux sombres Erinyes*. Sur le célèbre monument de Lycie qui porte leur nom, elles nous apparaissent dans l'exercice de cette redoutable fonction, sous la forme d'oiseaux de proie à tête humaine. C'est pour le même motif que Virgile les a confondues avec les Furies et qu'il les a placées à l'enti'ée de l'Orcus, en compagnie des Gorgones et de la Chimère. Avec le temps, ce type des Ilarpyes devint déplus en plus hideux et repoussant. Monstres ailés qui ont la rapidité des vents, leur face virginale est blême de faim; leur corps d'oiseau est armé de longues griffes destinées à saisir les proies qui ne peuvent rassasier leur éternelle voracité. Comme des vautours, elles fondent et s'abattent à grand bruit d'ailes sur la terre, soit pour dévorer les mets préparés pour la table des hommes, soit pour les souiller en y distillant une substance d'une odeur infecte ' : image sensible des effets désastreux de l'ouragan qui détruit les moissons, arrache les fruits, nourriture des humains, qui les altère et les corrompt en les noyant dans des torrents de pluie. A ce point de vue, les Harpyes jouent un rôle important dans un épisode de la légende des Argonautes. Leur caractère d'ailleurs n'a guère varié depuis Homère jusqu'aux derniers temps de la religion grecque. Si Célœno est placée chez Virgile à la tête du chœur hideux des Ilarpyes, obtenant ainsi un rang de primauté qui ne lui appartenait pas d'abord, les noms donnés postérieurement à ses compagnes (Nicothoè, Ocypodè, Acholoè', ne font que répéter ceux des deux Ilarpyes hésiodiques,

i. i/iflc/.. XVI, 150.

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