‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 241 sur 550 · GÉ?<IES DES ORAGES ET DES VENTS · texte numérisé non relu

GÉ?<IES DES ORAGES ET DES VENTS

Aello et Ocypélè, et continuent à traduire fidèlement la signification physique de ces noires vierges de Touragan.

Aux vents de tempêtes s'opposent les vents réguliers, dont l'action peut être violente, mais n'est pour les hommes ni un fléau ni une surprise. Ceux-ci ne sont plus conçus comme de-s monstres, mais comme des êtres à forme humaine. Ils ne doivent pas leur naissance à des puissances gigantesques et désordonnées, mais à des divinités calmes. Les quatre vents principaux, les seuls qu'Homère connaisse, Boréas, Notos, Euros et Zéphyros, sont, d'après la Théogonie^ les fils d'Èos et d'Astraeos, de l'Aurore et du ciel constellé ^ Parmi eux. Borée, le plus puissant de tous, occupe la première place ; il est celui dont la personne mythologique est la plus distincte. Borée, c'est le vent venu des montagnes' du nord, qui souffle avec furie sur la surface de la mer Egée, qui fait mugir la terre et les forêts, qui renverse les chênes et les pins dans les ravins des montagnes, tandis que les hommes et les bêtes fauves frissonnent à son haleine glacée'. Le séjour de ce roi des vents est la Thrace, et plus particulièrement les monts Riphées dont le nom rappelle sa violence*, dont les cavernes contiennent et déchaînent son souffle. C'est là quMl emmène la vierge Orithyia enlevée des bords de l'ilissos; c'est toujours là qu'il revient de ses rapides et impétueux voyages. Les développements du mythe et du culte de Borée sont, nous le verrons, particuliers à l'Attique. Les vases peints originaires de ce pays sont ceux qui nous offrent le plus fréquemment son image. L'art athénien avait renoncé à rapprocher le type de Borée de celui de Typhon en lui donnant une queue de serpent, comme l'avait fait l'artiste du coffre de Cypsélos *. Il l'avait représenté sous les traits d'un homme robuste, d'une taille imposante, dans la vigoureuse maturité de son âge, à la barbe épaisse, à la chevelure longue et en désordre ; à ses épaules il avait attaché de grandes ailes, symbole de la rapidité de son élan*. La tête de Borée atôpTQfevYjç (le vent pur qui balaie les nuages et rend à l'atmosphère sa sérénité) était quelquefois couronnée de rayons : idée qui est encore indiquée par la tradition de la victoire des fils de Borée sur les Harpyes\ c'est-à-dire sur

1. Theog., 378. Ici TEurus s'appelle Argestès; c'est le vent d'ouest, qui blanchit, qui amène les nuages blancs sur l'azur du ciel. 1. Bopixi = Vopicci, dérivé de Spo^, montagne. G. Curt., Griedt. Etijfnoi, p. 325, 3* édit.

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