‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 242 sur 550 · Pausan., V · texte numérisé non relu

Pausan., V

les Yents d'orage dont le ciel était obscurci et qu'ils chassent devant eux.

Notes, Euros et Zéphyros sont de simples personnifications des yents du Sud, de l'Est et de l'Ouest. Ce dernier a cependant acquis avec le temps un caractère mythologique. Dans Vlliade^ Zéphyros au souffle violent (Buaaifjç) est un vent de tempête ; il habite avec Boi*ée les sauvages cavernes de la Thrace^ Mais déjà dan» V Odyssée il a la signification qui lui sera plus tard généralement assignée. C'est le vent léger qui rafraîchit de sa douce haleine la plaine Élyséenne, séjour des bienheureux ; qui fait croître la végétation et mûrir les fruits dans les jardins merveilleux du roi Alcinoos^. Il deviendra le messager du printemps, le gracieux amant de Chloris, la végétation nouvelle, qui, fécondée par lui, donnera le jour à Carpos (le fruit) ^. Les brises printanières sont encore exprimées sur les monuments de l'art hellénique par des figures de femmes, au corps svelte et léger, dont les draperies s'enflent et se déploient comme une voile au-dessus de leurs tètes, ou qui voguent dans l'air montées sur des cygnesV A ce groupe appartiennent : Thyia^ la fille du Céphise béotien, qui avait un autel à l'entrée du ravin de Delphes ', et Orithyia, l'amante de Borée.

Si l'on songe à l'influence que les vents exercent sur le climat, sur la culture du sol, sur la navigation, on ne s'étonnera pas que l'imagination des Grecs leur ait prêté une existence divine, et que les pluspuis-^ sants d'entre eux aient été l'objet d'un culte particulier. Borée avait, à Athènes et à Mégalopolis, des autels où on lui sacrifiait à des époques déterminées' : n'était-ce pas à lui que l'on avait du, pendant la guerre médiquC) la destruction de la flotte barbare sur «les côtes de la péninsule de Magnésie? Les vents qui, à leur gré, perdent les navires ou les poussent sans effort au terme de leur course, étaient de redoutables puissances dont il importait de gagner la bienveillance ou de conjurer la colère. A cet effet, les marins employaient des formules d'incantation dont l'invention était attribuée à la magicienne Médée ou au philosophe Empédocle'^ ; ou bien encore, au moment de mettre à la voile.

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