Ibid.. 143-IÔ
II. — DIVINITÉS DE LA NAISSANCE ET DE LA SANTÉ. ILITIIYIA. — ASCLÈPIOS.
Les douleurs qui accompagnent Tenfantemcnt de I^étre humain sont comparées par le poëte homérique à un trait acéré qui perce et déchire le corps de la femme en travail. Ce trait, dit-il, est lancé par les Ilithyies^. Filles dllèra, la déesse protectrice des mariages féconds, les Ilithyies « à Tenfantement pénible » (ixof sarcxci) ne sont autre chose chez Homère que les personnifications des cruelles douleurs dont leur nom* exprime l'idée. Elles n*ont pas encore le caractère de divinités secourables; elles sont plutôt des divinités fatales dont la femme, avant sa délivrance, ne saurait éviter la présence redoutable. Dans la légende de la naissance d'Apollon, Lèto, en effet, n'est en proie aux douleurs qu'au moment où l'une des ilithyies est descendue de l'Olympe dans l'île de Délos^. Elles sont donc les témoins nécessaires de là crise de l'accouchement et de la venue des enfants à la lumière.
Après Homère, ce groupe de divinités se simplifie : il se réduit à une seule personne : Ilithyia, fille déliera et de Zeus, sœur d'Uébé et d'Ares *. Cette déesse de l'accouchement était, suivant Olen, la mère d'Éros, dont on aperçoit sans peine le rapport avec elle*. Le vieux poëte, dans l'hymne qu'il avait composé en son honneur, lui appliquait î'épithètede eu)avo(; (celle qui file bien), la confondant ainsi, comme le remarque Pausanias, avec la Parque de la vie ; il ajoutait qu'elle est plus ancienne que Cronos, voulant signifier par là que l'œuvre de la génération remonte aux origines mêmes des choses •. A Tégée, elle personnifiait la femme qui enfante : on l'y avait surnommée Auge èv Ycvadi, parce qu'Auge à qui on l'identifiait' avait mis au jour Télèphe en s'agenouillant : posture qui était supposée faciliter l'accouchement^. A iEgion, ses statues la représentaient dans une attitude expressive dont les monnaies de cette ville nous ont conservé l'image (fig. 84).Ilithyia est debout, le bras gauche levé, avec la main ouverte