‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 256 sur 550 · Wtf..., XIX, mu · texte numérisé non relu

Wtf..., XIX, mu

4. Ai'lùiiis Eailiviiet ïguôivi^.iUnilf^iiiscripliotisilc Chéroiii^r (Car;i. /nirr., ii-ISOj- OH). Cl. I.:u* 2« d.MHjli'e Afcui'/i iHiKcr. riied. Ile llrotie; ttymn. o,yh.,U, 13.

9. Sur eu divu, viilr : PiiiolVa, Aïklrpiot uud die AMepiailen (Hi-iii. ili^ l'Acid. Je Biirliii, 1S4!>) : 0. JBh». Die llfiIgSIter, 1839 ; Welck>:r, Klànc Schriflen, III. G. lliad.. II, 75d ; IV, IM. 210.

DIVINITES DE L\ VIE HUMAINE. i77

riche plaine thcssalienne de Dotis où Ton plaçait sa naissance ^ Là, disait-on, il avait eu pour père Apollon, pour mère Coronis, fille du roi Phlégyas. Celte généalogie peut déjà servir à caractériser la nature du dieu. Ses attributions médicales lui viennent d'Apollon , le dieu solaire dont les rayons exercent une action bienfaisante sur le corps humain, et qui était ainsi devenu un dieu de la santé. Cette fonction particulière d*Apollon s'est déterminée dans la personne de son fils, dont le nom n'était peut-être d'abord qu'une de ses épithètes* : épithète qui, avec le temps, s'était détachée de lui pour donner naissance à une divinité distincte. Le nom de Coronis^ mère d'Asclèpios, est celui de la corneille (xopwvrj, l'oiseau à la longue vie, symbole de santé par conséquent. Quant à celui de son aïeul Phlégyas, il éveille l'idée de la flamme ou du feu du ciel. Asclèpios paraît donc appartenir, par la nature de son père et de son aïeul, au cycle des divinités du feu céleste. Cette idée est confirmée par plusieurs détails de sa légende. On racontait en Thcssalie que Coronis portait encore dans ses flancs le fils d'Apollon, quand elle s'éprit de l'Arcadien Ischys et se livra à lui. Le dieu fut informé de cette infidélité par le corbeau prophétique qu'il avait chargé de veiller sur son amante. Dans sa colère, il ordonna à sa sœur Artémis de tuer Coronis, qui tomba percée des traits de la déesse dans sa demeure thcssalienne de Lakéria '. Au moment oii le corps de la fille île Phlégyas était sur le bûcher, Apollon accourut et arracha l'enfant du sein de sa mère à demi consumée. Asclèpios est donc né, comme Dionysos, au milieu des flammes, d'une mère frappée par la colère céleste*. L'enfant, recueilli par eon père, fut porté sur le Pélion et confié aux soins du centaure Chiron qui l'éleva, l'instruisit dans l'art de la chasse et lui communiqua sa science médicale. Bientôt la renommée du jeune dieu ne tarda pas à se répandre dans toute la contrée; il ne rendait pas seulement la santé aux malades : il rappelait les morts à la vie. Cependant, Iladès, irrité de voir une partie de sa proie infernale lui échapper, vient se plaindre à Jupiter, ou, suivant une autre version, le maître des dieux s'inquiète iui-méme en songeant

1. Sur le mythe de la n.iissnncc d'Asclèpios. voirPind.. Pytli,, III, 8-62 et Schol.; Apo'lod.. 111,10, 5; Pau»., Il, 26; Diod., IV, 74; Ovid., .Vc/am., II,555 5qq.

2. Preller [Griech. Mi/th., I, 433, n. 2) considère 'Aï<A->jîrcoç comme équivalent à *A/sÇtirxioi. Il correspondrait alors, pour le sens, à 'A/eÇtxavo§, épithète d'A|>ollon. Cf. Polt, Zeitschr. f. vergl. Sprachf., VI, 401 sqq., et l'explication peu vraiseniblable donnée par Welcker (Griech, Gntterlehre, II, p. 735).

3. Suivant Ovide {Melam.. II, 605) et Hygin (Pnet. A»tr., II, 40), Apollon lue Jni-m^me Coronis et Ischys.

4. Pour les rapprochements de mythologie comparée, voir Grimm., /). Mylft,, 562; Cox, Mythol. ofthe Aryan Nationn, II, 33 sqq.

que les hommes vont être soustraits à la loi de leur condition mortelle : il feudroie Asclq>ios. Apollon, pour venger la mort de son fils, tue les Cyclopes qui ont forgé la foudre, et est, pour ce motif, pendant longtemps éloigné de TOlympe '.

A Êpidaure, qui devint, aux temps historiques, le centre principal de la religion d*Asclèpios dans la Grèce propre, une autre tradition avait cours sur la naissance du dieu. C'était, disait-on, durant une expédition faite par Phlégyas dans le Péloponèse, que Coronis avait mis au jour le fils d'Apollon, sur le territoire même d'Épidaure. Le nouveau-né, que sa mère voulait soustraire à la colère de Phlégyas, avait été exposé par elle sur le mont Titthion (la montagne nourricière), comme Œdipe fut exposé sur le Cithéron. Là, il avait été nourri par une chèvre et gardé par un chien, au sein d'une sauvage retraite où il était caché à tous les regards. Un jour cependant, le berger Aresthanas, errant dans la montagne à la recherche d'une chèvre égarée, s'approcha du lieu où était Tenfant, entendit ses vagissements et voulut le recueillir. Au moment où il se disposait à l'emporter, la tête du jeune Asclèpios s'illumina soudain d'une flamme céleste dont Téclat fit reculer le berger saisi d'effroi *. Cette légende, qui rappelle à certains égards celle de Romulus et do Cyrus, nous montre, comme celle qui a été citée plus haut, le rapport d'Asclèpios avec le feu brillant du ciel : idée encore indiquée par les épithètes d'atY^iTip et dY^a^'^n;; que les Doriens appliquaient au dieu'.

Une troisième variante du récit de la naissance d'Asclèpios est fournie par la légende messénienne. A Gérènia, où Ton montrait le temple d'Apollon et le tombeau de l'Asclèpiadc Machaon *, comme à Messène au pied de l'Ithome, la mère du dieu ne s'appelait pas Coronis, mais ylrsmoc^*. Or, Arsinoè est la fille de Leucippos, la sœur d'Hilaeira et dePhœbè, enlevées par lesDioscures', et dont les noms sont ceux de divinités de la lumière. Il n'est donc guère douteux qu'Asclèpios participe à la nature solaire de son père Apollon et qu'il ait personnifié, à l'origine, le soleil bienfaisant dont la douce chaleur ranime les forces épuisées des corps souffrants et contribue à leur guérison.

Quand cette si<2ni^ication première du dieu se fut perdue, les Grecs

i. Aïwllod., 111,40,3.

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