‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 261 sur 550 · VoW., OnoniMt · texte numérisé non relu

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Ces divinités jouent donc un rôle important dans les mariages humains comme dans les unions des immortels. Ce sont elles qui ont chanté l'hymne d'hyménée, quand liera est entrée dans la couche du maître deTOlympe*: elles ont assisté aux noQes de Thétis et de Pelée, en compagnie des Muses, des Heures et des Charités. Mais leur action est surtout souveraine au moment de la mort. L'homme, quand son dernier jour est venu, les voit accourir pour trancher le lil de sa vie. Chez Homère, il est vrai, elles n'interviennent pas directement dans les combats pour faire périr les guerriers; les lances et les javelots meurtriers sont leurs instruments. Mais, dans le poëme hésiodique du Bouclier d'Hercule, elles se groupent à côté des Kèrcs et deviennent, comme celles-ci, des divinités de la mort violente*. Ce caractère les rapproche encore des Erinyes', qui d'ailleurs sont, comme elles, des divinités fatales, puisqu'elles s'acharnent à la poursuite des criminels dont le châtiment inévitable leur est confié.

Les McTpat ont encore, dans la mythologie grecque, une signification plus haute. Leur rapport avec le dieu suprême est nettement indiqué, après Homère, parl'épithète de p^sipaYérr;? appliquée à Jupiter. Le dieu qui conduit la Moira, qui est l'auteur de la destinée, a donc les Parques dans sa dépendance. 11 leur a délégué la plus noble de ses attributions; il les a chargées de veiller sur l'ordre naturel des choses, au sens physique comme au sens moral. On les représentait quelquefois* en compagnie des Heures, qui personnifient la succession régulière des saisons. Chez Hésiode, à côté des Moïpai cosmogoniques, filles de la Nuit, il y en a d'autres, de création plus récente peut-être, qui sont les filles de Zeus et de Thémis *. L'idée de l'ordre et de la loi, qui est inséparable de la conception de Thémis, se retrouve donc aussi dans celle des Parques, que les hommes invoquaient pour faire régner parmi eux la justice et la paix, en les suppliant d'envoyer sur la terre leurs sœurs Eunomia, Dikè, Eirènc*. Ces puissances fatales, devant qui se déroule la série nécessaire des choses et des événements humains, connaissent donc le passé, comme elles voient le présent, et comme elles possèdent les secrets de l'avenir. Platon, dans sa République, les appelle les filles d'Anagkè (la Nécessité) : il les représente assises chacune sur un trône, avec des vêtements blancs et des cou-

i. Aristoph., i4ves, 1751 sqq.

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