‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 270 sur 550 · Ibid., V. 455 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., V. 455 et suiv

rivage. C'est alors queProtée laisse échapper de sa bouche (l*infaillibles oracles. La mer calme et douce ne trompe pas, en effet, les espérances des matelots. Protée connaît la mer entière et ses abîmes au travers desquels il guide ceux qui l'interrogent. Il a le don de science prophétique comme d'autres divinités des eaux; car il n'est qu'une autre forme de cet Océan qui, d'après les croyances homériques, était le père des dieux, la source primitive et mystérieuse de tous les êtres, qui trouvaient en lui leur principe et leurs lois^

Dans certaines parties de la Grèce, particulièrement sur les côtes occidentales, « le vieillard de la mer » portait le nom de Phorkys : un port lui était consacré dans l'ile d'Ithaque*. La conception de Phorkys n'est qu'une variante de celles de Nérée et de Protée. Comme le premier, avec lequel Alcman l'identifiait, il est fils de Pontos ; comme le second, il est le dieu des monstres marins, car la Théogonie lui donne pour épouse Kèto. Cependant Phorkys semble exprimer surtout l'idée de l'agitation des flots. Son nom rappelle la couleur blanchâtre de l'écume marine*. UOdyssée lui donne pour fille Thoôsa^ la nymphe des tempêtes^. Pindare appelle les Gorgones (les nuages orageux) la descendance de Phorkys*^.

Une légende plus compliquée est celle d'Atlas^ en qui il est impossible de ne pas reconnaître aussi un dieu de la mer. Les poètes lui attribuent, comme à Protée, une sagesse supérieure, une science universelle, en particulier la connaissance de tous les abîmes de l'Océan. Il est le fils d'une nymphe océanide*; il a pour fille Calypso, la profondeur des eaux''. Atlas est l'expression d'une idée très-particulière. C'est, à proprement parler, a le porteur "d, celui dont la tête et les fortes épaules soutiennent le poids du ciel (lig. 91), celui encore qui supporte les longues colonnes qui séparent la voûte céleste de la terre*. La signification primitive de cette image avait été oubliée des Grecs. Les

i. Iliad., XIV, 201. Welckei-, Griech, Gôiterlehre, I, C49, et Prolier, Griech, Myth., I, 477, donnent au mot Upuri û$ = itp&roi une sipiification Ihéogonique : ce serait, d*apr^8 eux, le premier élément, l'eau. Nais, suivant la Théogonie hésiodiquo, la mer n'est pas un élément primitif. Le couple originaire, c'est Gaea-Ouranos. D'ailleurs le nom do Protée se trouve déjà dans Homère. Si ce nom se rattache à ir/oâro{, ce qui n'est pas démontré, je lui attribuerais plutôt le sens de icdrvcof, le maître (des eauxl.

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