‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 272 sur 550 · DIVINITÉS DE LA MEU. — ATLAS. — GLAUCOS · texte numérisé non relu

DIVINITÉS DE LA MEU. — ATLAS. — GLAUCOS

l'idée de Thorizon où chaque soir le soleil disparait, et la conception de cet être divin doit peut-être son origine à la contemplation de ces extrêmes limites de la mer, qui, du côté de TOccident, semble comme une base solide sur laquelle vient s'appuyer la voûte céleste. Cette idée était également exprimée par une des représentations du célèbre coffre de Cypsélos*. On y voyait un héros qui s'avançait, l'épée nue, contre Atlas : ce héros était Héraclès, le dieu solaire qui, armé de ses brillants rayons, marche vers l'horizon à la conquête des pommes d'or, c'està-dire des nuages de pourpre où il va envelopper sa gloire, ou bien encore du disque doré qui sera sa dernière forme, avant qu'il se dérobe complètement aux regards des hommes. C'est également bien loin à l'Occident, au delà du fleuve Océan, que, d'après les idées grecques, se trouvaient les dernières limites du monde : là, dit Euripide*, a où le maître souverain de la mer de pourpre ne permet plus aux matelots de continuer leur route ; auguste borne de l'univers. » A cet endroit, la terre venant à cesser, il était nécessaire que la voûte céleste trouvât un appui. Cet appui, c'était Atlas, le divin porteur du ciel.

Les rapports du ciel et de la mer sont encore indiqués dans la mythologie grecque par le personnage de Thaumas. Second fils de Pontos, d'après la Théogonie^ Thaumas a épousé une fille de l'Océan au courant profond, Electre (la brillante, la rayonnante)*. Leur union est une image des merveilles de la mer, des reflets éclatants de la vague imprégnée d'azur et de lumière. Leur union, ce sont encore les météores célestes qui semblent avoir leur origine dans les flots d'où on les voit s'élever, au sein desquels on les voit rentrer. C'est ainsi que la rapide Iris (l'arc-en-ciel) est la fille de Thaumas et d'Électrè. Comme Iris apparaît ordinairement après l'orage, elle a pour sœurs les Harpyes^ les vents violents qui ravissent tout : sombres et terribles vierges dont les noms rappellent le souffle de l'ouragan (Aello), son irrésistible impétuosité {Ocypélè) et les noires nuées (Célœno) qu'il déchaîne en tourbillons sur la mer.

Un autre mythe de la mer, d'un caractère plus populaire, était celui de Glaucos. GlaucoSy c'est le flot bleu qui reflète l'azur éclatant du ciel de Grèce. Mais, pour les gens de mer, il devint un être divin au sujet duquel, couchés au fond de leur barque ou, le soir, raccommodant leurs filets, ils racontaient de merveilleuses histoires. En lui se personnifiait la vie de la mer, car Glaucos avait été jadis un pauvre pécheur; et l'immortalité qu'il avait conquise, en se précipitant du

i. Pau8aii.,V, 18, 4.

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