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sormais honoré sous le surnom de Zcimfjp'. Chez les Ioniens, le mois le plus fécond en tempêtes était consacré au dieu : il s'appelait le mois Poseidéon (Décembre-Janvier). En hiver, par les gros temps, la mer qui se déchaîne, dans son irrésistible violence, rappelait aux Grecs Timpétuosité du taureau, son énergie brutale, ses sauvages fureurs. De là l'épithète de xaupsoç qu'ils donnaient à Poséidon ; de là les combats de taureaux qu'ils instituaient en son honneur. On disait aussi que le dieu, du sein des flots courroucés, vomissait des monstres épouvantables qui ravageaient les côtes et tuaient les hommes qu'ils rencontraient. Dans les légendes d'Hercule et de Thésée, c'est Poséidon qui suscite le taureau de Crète et le taureau de Marathon; c'est lui qui, à Trézène, envoie le dragon chargé d'exécuter contre Hippolyte les malédictions de son père. On donnait à Poséidon une monstrueuse descendance : les Lestrygons, le Cyclope Polyphème, le Libyen Ântée, l'ÉgyplienBusiris, Amycos, roi des Bébryces, d'autres encore : êtres gigantesques, forces brutales de la nature, comme ces flots violents où ils avaient pris naissance.
D'autres épithètes du dieu témoignent combien les Grecs primitifs avaient été frappés du spectacle de cette mer qui, de toute part, baigne et enveloppe leur pays. A la contempler, il leur semblait que non -seulement les îles, mais le continent lui-même, ile immense, reposait sur la mer et était porté par elle. Poséidon était donc le dieu YaiiQsx^^ S '^ dieu qui soutient la terre, comme Atlas soutient le ciel. Les rivages helléniques que la mer a façonnés, tantôt d'une action douce pour y creuser des baies arrondies et y dessiner des plages sinueuses, tantôt d'une action violente, ébranlant les hautes falaises qu'elle mine et qu'elle entame, paraissaient aux Grecs porter partout l'empreinte du bras de Poséidon. Apercevaient-ils un écueil aux formes fantastiques, usé et déchiqueté par l'action des eaux, une large déchirure dans un mur de rochers, des blocs erratiques entassés pêle-mêle sur un rivage, ils y reconnaissaient l'effet du trident du dieu. Ce trident n'était-il à Torigine que le foudre à trois pointes du dieu du ciel, transporté plus tard au souverain de la mer? Ou bien, faut-il y reconnaître le harpon dont se servent dans la Méditerranée les pêcheurs de thons? C'est ce qu'on ne saurait décider. Dans tous les cas, le trident est l'arme de Poséidon et son attribut nécessaire. C'est avec lui qu'à la fois il soulève les flots et il ébranle la terre. Il est en effet le dieu èvvo(7iYats<;9 I^ dî^u ffsiaixOiov. Au vingtième chant de V Iliade ^ au moment où les dieux s'ap-
\. llerod., vu. 192.
2. Les autres formes de celle épilhète sonl ycyioxas (TA«o^.. v. 15) ely^scoxo* (^ind.. O^mp., XIII, 81).
prêtent à prendre part à la grande bataille engagée entre les Grecs et les Troyens, Jupiter fait retentir son tonnerre dans les hauteurs célestes. Quant à Poséidon, dit le poète, a il ébranla d'en bas la terre immense et les hauts sommets des montagnes ; toute la chaîne de l'Ida aux sources jaillissantes trembla, depuis ses racines jusqu'à ses sommets, et la ville des Troyens et les vaisseaux des Grecs ^ » C'est donc à Poséidon que les Grecs attribuaient les tremblements de terre : croyance qui s'explique dans un pays où de tels phénomènes se produisent surtout dans les iles, à l'isthme de Corinthe, sur les côtes d'Achaïe, et où ils sont souvent accompagnés de l'éruption de volcans sous-marins. Ces fléaux terribles étaient considérés comme les effets de la colère du dieu; colère qu'on essayait d'apaiser par des sacrifices et par des prières spéciales*.
D'antiques traditions, recueillies par Callimaque, rapportaient que les Cyclades et les Sporades devaient leur origine à un épouvantable cataclysme dont Poséidon était l'auteur. <c Raconterai-je comment ce dieu puissant, d*un coup du trident que lui avaient fabriqué les Telchines, frappa et fendit les montagnes, les arracha de leurs fondements, et, les faisant rouler dans la mer, en forma les premières iles? Dirai-je qu'il les fixa dans l'abîme, par de profondes racines, pour leur faire oublier le continent' ? » Cette tradition se rattachait évidemment à celle de la lutte des Dieux contre les Géants, lutte où Poséidon avait joué un rôle actif. Sur la côte de Carie, on racontait que la petite Ile de Nisyros n'était qu*un morceau de rocher que le dieu avait détaché de Tilc de Cos pour le lancer sur le géant Polybotès ^. Ce rocher, tombé dans la mer, y avait pris racine et était devenu un îlot. Le surnom de xeTpatoç que le dieu portait en Thessalie faisait allusion à des idées analogues. On croyait, en effet ', que la plaine de Thessalie avait été autrefois un vaste lac, qui serait resté sans écoulement, si Poséidon, de son trident, n'avait fendu en deux la masse de l'Ossa, ouvert ainsi une route au Pénée qui recueille toutes les eaux du bassin thessalien, et créé la belle vallée de Tempe. Ce dieu qui brise les ro<^ chers est donc en même temps un dieu bâtisseur (SwixaTiTYjç), comme on rappelait*, qui n'ébranle la terre que pour mieux la consolider à