Hygin., Poet. astroit.. Il
4. Voir la description des Triions dans Paus:>nias (IX, 21, Ij. CI". Élite céramographique , II, pi. 51-35,
lante : elle conseille au héros d*abandonner son radeau et de nager vers la côte, où il abordera sain et sauf, grâce à la bandelette merveilleuse dont elle lui fait don*. C'est Ino-Leucothëa, la déesse blanche comme Técume des vagues, qui, sur la terre, fut autrefois une belle vierge, dont on racontait en Béotie la lamentable histoire. Fille de Cadmos et d'Harmonia, après la mort de sa sœur Sémélè foudroyée par Jupiter, elle servit de nourrice au jeune Dionysos. Plus tard, elle épousa le héros Athamas. Mais cette union, troublée par de tristes aventures, avait eu un dénouement fatal. Hèra, irritée contre les deux époux, avait jeté l'égarement dans leur esprit. Athamas, dans sa fureur, porta les mains sur Léarchos, un des fils qu'il avait eus d'Ino, et le fit périr : il allait tuer l'autre, MélicerteSy mais Ino réussit à s'enfuir, emportant son enfant dans ses bras, à travers les montagnes de la Béotie, et elle arriva en Mégaride au-dessus des roches Scironiennes, d'où elle se précipita dans les flots avec son fardeau *. Depuis ce temps, elle est une divinité de la mer qu'elle remplit de sa triste plainte ' et où elle vient en aide aux navigateurs pressés par la tourmente. Quant à son fils, il fut recueilli par un dauphin qui le déposa à l'isthme de Corinthe où, sous le nom de Palœmon, il reçut les honneurs divins*. On a cru reconnaître dans le nom de Mélicertes la forme grecque deMelkarth, l'Hercule Tyrien, qui est souvent considéré comme présidant à la navigation '. Mélicertes serait donc un dieu d'origine phénicienne qui aurait été identifié au héros grec Palsemon, de même que celui-ci fut identifié plus tard par les Romains au dieu marin Portumnus*. La forme des oiseaux de mer se retrouve en partie dans l'image des Sirènes ^, telle que l'avaient créée les artistes grecs. Ces divinités ont, en effet, avec une tête de femme, des ailes et un corps d'oiseau. De la femme elles ont toutes les grâces, de l'oiseau, toute l'harmonie. Rien n'égale, pour les oreilles humaines, Tenchantement de leur musique. Aussi les Sirènes sont-elles en relation avec les Muses. Comme celles-ci, elles furent à Torigine, dans certains pays de la Grèce, des filles d'Achéloos, des Nymphes fluviales, dont on croyait entendre les voix mélodieuses dans le bruit lointain des cascades et des torrents. En Crète, disait-on, dans le canton d'Aptéra, les Sirènes