‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 290 sur 550 · Apollon., Argon. f · texte numérisé non relu

Apollon., Argon. f

518 MYTUOLOUIE UE LA GRÈCK ANTIQUE,

musique le thrène Tunèbre qu'elle chante et qu'elle veut envojer comme offrande à Perséphone'. « Ce sont les Sirènes, les filles de Phorkys, disait un personnage de Sophocle, qui font retentir l'hymne d'Uadès '. » Aussi n'ust-il pas mre de rcnconlrLT l'image des Sirènes sur les tombeaux'. Ce qu'elles y expriment, c'est tantôt l'attrait de la beauté virginale moissonnée dans sa fleur, tantôt les plaisirs détruits de l'hymen, tantôt les grâces de la poésie et de ré]o<|uence, comme sur ai monument dont Êrinna avait composé pour elle-même l'cpitaphe*, et sur les tombeanx de Sophocle et d'isocrate. En un mot, c'est la double idée dont se compose la conception des Sirènes : séduction irrésistible : mort cruelle.

Les Sirènes sont généralement représentées sous la forme d'oiseaux

Fis. If".

qui ont une tête et une poitrine de femmes. Elles tiennent à la main un instrument de musique (fig. 100). C'est à titre d'exception que les Sirènes qu'on voit figurer, sur quelques bas-reliefs, près dn vaisseau d'Ulysse, sont complètement femmes, et peuvent se confondre avec des Muses (fig. 101)'.

Le caractère de grâce qui est attribue aux Sirènes manque entièrement aux autres puissances malfaisantes delà mer, qui habitent comme elles le détroit lie Sicile. Scylla [celle qui déchire), CAarj/Me (celle qui engloutit), sont conçues comme des êtres monstrueux, épouvante et horreur des matelots. C'est la mer furieuse qui, dans les détroits où

Page 1