‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 293 sur 550 · Ibid., V · texte numérisé non relu

Ibid., V

sonnifications des phénomènes de la mer et de ses violentes fureurs. Les Cyclopes sont une conception analogue : êtres gigantesques comme des montagnes, à la voix terrible, capables de soulever et de lancer au loin des blocs énormes de rochers, forces brutales et irrésistibles. Mais dans V Odyssée il est difficile de distinguer leur signification primitive; car ils y sont surtout représentés comme les types de cette vie sauvage qui est Tantithèse de la brillante culture hellénique. Étrangers à tout sentiment de justice, à toute idée de société, ils mènent une existence solitaire au sommet des montagnes, dans de profondes cavernes; ils ne sèment ni ne labourent la terre qui, sans travail, produit tout d ellemême ; leur temps se passe à faire paître d'immenses troupeaux de chèvres et de moutons ^ Cette description, suivant fopinion de Preller", éveille Tidée de la solitude inculte de la mer qui ne peut recevoir aucune semence ni faire germer aucune moisson, de ces rochers dont les masses gigantesques se dressent au-dessus des flots qui viennent se briser contre eux à grand fracas, de ces vagues énormes qui bondissent comme ces milliers de chèvres sauvages qu'Ulysse aperçoit dans Tile qui avoisine la côte du pays des Cyclopes. Mais cette interprétation ingénieuse ne saurait être autre chose qu'une simple hypothèse.

i. Odyns.. IX, i06, sqq.

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