et D.y V
o. Voir, à ce sujet, le mémoire de M. Percy Gardner, sur le culte des ririères en Grèce ^ dans \o9 Transactions of t fie royal Society of Literature (1876). On trouvera une analyse de ce travail «lans la Revue de philologie, livr. d'octobre 1877, p. 2.^6.
ments et ses fureurs. Aussi voyons-nous souvent, sur les monuments de l'art grec, les fleuves figurés comme des êtres fantastiques où les formes animales se mêlent aux formes humaines. Leur corps est celui d'un taureau ; leur tête énorme est celle d un homme robuste et barbu dont la bouche vomit des flots d'eau, dont le front est surmonté de deux cornes puissantes. C'est Timage de la source, ou de la « tête » du fleuve, comme disent encore les Grecs d'aujourd'hui (to xs^aXapi). Les cornes dont cette tête est armée, ce sont les sinuosités et les ramifica-* tions de son cours ; c'est encore le symbole de sa puissance fécondante. Hercule, vainqueur d'Âchéloos, lui arrache une corne; cette corne, consacrée par les Nymphes et remplie par elles de fruits et de fleurs, devient la corne d'abondance.
Si tous les fleuves de Grèce étaient conçus comme des êtres divins, les plus grands d'entre eux étaient seuls l'objet d'un culte spécial. VAchéloos qui, après être sorti du Pinde, coule entre l'Acarnanie et l'Étolie pour se jeter dans la mer ionienne près des lies Ëchinades, et qui, en toute saison, roule une assez grande masse d'eau, passait pour le roi des fleuves, pour le fleuve par excellence ^ Aussi son nom était il à l'origine un terme général qui désignait tous les cours d'eau. Achéloos n'était pas seulement honoré en Acarnanie; il l'était encore i^ Athènes, à Dymé en Achaïe, à Rhodes et en Sicile*. On comptait en Grèce six rivières du nom d'Achéloos '. Mais les légendes du dieu*» fleuve étaient localisées en Étoile. L'antiquité avait admiré le merveilleux travail de l'Achéloos qui, par les alluvions qu'il forme à son embouchure, avait réuni entre elles et rattaché au continent une partie des Échinades*. De là certaines fables qui faisaient des Échinades des nymphes en relation avec le dieu et dont quelques-unes avaient été métamorphosées en îles par un effet de sa colère*. C'est dans le même pays que les traditions mythologiques plaçaient la lutte d'Hercule et d'Achéloos : lutte qui, d'après Strabon" et Diodore\ fait allusion à d'antiques travaux entrepris pour encaisser le lit du fleuve et pour assainir les marécages qu'il forme avant son embouchure, mais qui, comme la victoire du même dieu sur l'hydre de Lerne, n'exprime sans doute que l'action desséchante exercée sur les marais fluviaux par le soleil d'été. De même, ce sont les monnaies d'Acarnanic, de la ville