‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 3 sur 550 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les fables dont se compose la mythologie grecque sont, pour beaucoup d'esprits, un sujet d'ëtonnement. Dépouillées de leur charme poétique, considérées uniquement dans ce qu'elles nous racontent des dieux, elles paraissent souvent des imaginations ou d'une singulière extravagance ou d'une révoltante immoralité. Le génie hellénique, ce génie qui, partout ailleurs, a eu la vue si nette et si sûre, dans le domaine des idées religieuses, semble avoir été le jouet d'illusions folles. 11 ne prête pas seulement à la divinité la figure de l'homme, ses passions et ses faiblesses. Des crimes que toute morale réprouve, le meurtre, l'adultère, l'inceste sont attribués en Grèce aux plus grands des dieux. Étrange aberration, qui déconcerte tout d'abord. Quelques personnes, il est vrai, croient avoir trouvé la solution de cette difficulté. A les entendre, la triste plaie de la mythologie ne vaut pas la peine d'être sondée ; elle ne peut inspirer que le dégoût et faire prendre en pitié l'aveuglement oîi est resté plongé, quant à la religion, un peuple éclairé en tout le reste, mais qui a eu le malheur de vivre avant les bienfaits d'une révélation divine. Une telle explication est-elle de nature à satisfaire la critique? Nous ne le pensons pas. On sait, en effet, qu'en dépit de la mythologie, qui souvent rabaisse et déshonore la divinité, le sentiment religieux n'a jamais manqué à la Grèce, qu'il a éclaté chez elle spontanément, avant la naissance de toute philosophie ^ Dès les temps homériques, les mêmes Grecs qui prenaient plai-

1. Le développciiieal de ce dernier point de vue est* on lésait, l'objet spécial d'un livre de y. Louis Uénoid, qui a pour titre : La Morale avant les philosophes. Voir aussi lu

MYTHOLOGIE. b

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