‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 305 sur 550 · Argon., II · texte numérisé non relu

Argon., II

mugissements du vent ou les harmonies des eaux, devait être en rapport avec les nymphes qui habitent ce même domaine. Pour expliquer son origine, une fable ingénieuse avait été créée par les Grecs. Écho^^ disaient-ils, fut jadis une belle vierge, nourrie et élevée par les Nymphes , instruite par les Muses dans Fart du chant, de la flûte et de la syrinx; amie de la solitude, elle fuyait la société des dieux et des hommes et se refusait à leur amour. Le dieu Pan, jaloux de son talent musical, irrité de ne pouvoir jouir de sa beauté, anima un jour d'une folie furieuse tous les bergers de la contrée, qui se précipitèrent sur la vierge, la mirent en pièces et dispersèrent 'ses membres par toute la terre. Gaea rccueiHit et ensevelit ses dépouilles. Depuis ce temps. Écho n'a plus de résidence fixe; elle est partout. Mais, au sein de la mort, elle a conservé le don musical, la faculté d'imiter et de reproduire tous les sons qui frappent ses oreilles*. Une autre version de la même fable est celle qui a été traitée par Ovide. Pendant que Jupiter était à la poursuite des nymphes, Écho, dit-il, ne cessait de parler à liera, pour la tenir à distance et lui dérober le spectacle des infidélités de son époux. Un jour cependant la reine des dieux s'aperçut du piège qui lui avait été tendu : elle punit la jeune fille en la transformant en écho, c'est-à-dire en une personne qui n'est pas maîtresse de sa langue, « qui ne sait point parler la première, qui ne peut se taire quand on lui parle, qui ne fait que répéter les derniers sons de la voix qu*elle entend'. » Peut-être l'imagination du poète latin a-t-elle eu quelque part dans cette trop spirituelle explication. Une fable plus authentique est celle des rapports d'Écho et de Narcisse.

Quand elle vivait encore dans la société des vierges des eaur, la nymphe s'enflamma pour le bel adolescent. Dédaignée par lui, elle va cacher sa honte au fond des antres solitaires, où la douleur et le dépit la consument. Son corps s'épuise; tout son sang s'évapore; a il ne lui reste que la voix et les os : sa voix s'est conservée ; ses os ont pris la forme d'un rocher. Depuis ce jour, on ne la voit plus sur les montagnes; mais, des profondes retraites où elle se dérobe, elle se fait encore entendre à tous ceux qui l'appellent^. » La passion malheureuse d'Echo était étrangère à la légende de Narcisse, telle qu'on la racontait à Thespies. Le beau jeune homme, disait-on, étant arrivé un jour sur les bords d'une fontaine limpide, aperçut son image qui se reflétait dans le cristal des eaux. Il prête un corps à cette ombre vaine; il demeure

1. Voir Wieseler, Die Nymphe Echo, GôUiug«Mi, 1854 ; NarkissoSf 1850.

"I. Longus, III, 'i3. D'après Moschu» (Idyll., VI), Écho, ainiucdc Tan, aimuit un Salyic.

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