‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 307 sur 550 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

GiEA ET RHÉA-CYBÈLE

En Grèce, de même que chez les autres populations indo-européennes, la terre est une divinité primordiale, comme le ciel, que la Théogonie hésiodiquc et les plus anciennes traditions religieuses lui donnaient pour époux. Déjà le Rig-Véda, en parlant du Ciel et de la Terre, les appelle « le couple immortel, les deux grands parents du monde*. » — « J'invoque dans les sacrifices, dit le poète, en implorant le secours des dieux, ces deux divinités mères, grandes, larges, solides, remplies de beauté et qui renferment l'immortalité*. » En Grèce, dans les mystères de Samothrace, les deux divinités que l'on invoquait paf excellence étaient aussi le Ciel et la Terre^. Ce n'était pas là seulement une croyance mystique, enfermée dans Tombre de quelques sanctuaires ; c'était, comme le remarque Aristote, une croyance générale et vraiment populaire, a II s'est trouvé des philosophes, dit-il, qui ont choisi comme principe universel des choses, les uns le feu, les autres l'eau, d'autres encore l'air : pourquoi ne parlent-ils jamais de la terre, comme le fait le vulgaire des hommes pour qui la terre est tout ?» — « Hésiode, ajoutet-il, dit que la terre est le premier des corps ; tellement est ancienne et populaire cette opinion*. » L'auteur du traité du Monde 9 fait ressortir comment l'idée d'immortalité peut s'attacher à ce corps immense qui étonne l'homme par les mille phénomènes de sa vie féconde. « La terre qui se pare de végétaux de toute espèce, d'où jaillissent les sources, qui est foulée et parcourue par les animaux, qui met au monde tous les êtres

\. Trail. Langlois, l. IV, p. 38.

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