‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 308 sur 550 · Metaph.t I · texte numérisé non relu

Metaph.t I

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en leur temps, les nourrit et le^ reçoit, qui produit en eux mille formes et mille transformations, garde cependant une substance qui ne vieillit pas^ »

On conçoit facilement comment l'idée du divin s'éveilla au spectacle de la terre, de cet être puissant, inaltérable, qui enfante sans relâche comme sans épuisement, mais qui ne produit à la lumière que des êtres périssables, tous destinés, les uns tôt, les autres tard, à rentrer dans les ténèbres d'où ils sont pour un instant sortis. A la surface de la terre, les Grecs voyaient les végétaux comme les animaux tour à tour naître, croître, s'épanouir dans la plénitude de la vie, pour dépérir ensuite et rendre leurs dépouilles au sol où ils allaient pourrir et recevoir les germes d'une vie nouvelle. Au-dessous de cette surface s'accomplissait le travail de la germination, l'élaboration divine de ces êtres éphémères qu'ils voyaient éclore régulièrement chaque année avec la saison nouvelle. Et quand ils faisaient un retour sur eux-mêmes, ils ne séparaient pas leur destinée de celle des autres enfants de la Terre : ils se considéraient, eux aussi, comme les fils de cette mère divine, nourris et allaités par elle pour une courte durée, qui bientôt mouraient et rentraient dans les profondes entrailles qui leur avaient donné naissance. La terre était donc pour les Grecs, selon Theureuse expression de Preller', a à la fois le sein maternel des êtres et leur tombeau toujours ouvert. » Ce saisissant contraste de la vie et de la mort dont la terre est le commun domaine, fut une des idées dominantes de la religion des Mystères éleusiniens, tout entière consacrée aux divinités chthoniennes ; mais cette double idée, il faut le reconnaître, n'existait pas encore dans le culte simple que rendaient à la terre les plus anciennes populations de la Grèce.

La terre, divinisée par l'imagination grecque, a reçu, selon les temps ou suivant les pays où elle fut d'abord honorée, trois noms divers : Gœa^ qui est son nom simple, primitif, d'époque pélasgique; Rhêa^ probablement d'origine étrangère comme Cybèle, avec laquelle elle se confond; Dèmèter, qui est resté le nom le plus ordinaire et le plus usité de cette divinité. Ces noms qu'il importe de distinguer, correspondent, dans la mythologie hellénique, à trois expressions diverses, à trois variantes de la même conception.

Gœa (YaXa) semble s'être présentée à l'imagination des premiers habitants de la Grèce comme un être immense, gigantesque. Ils avaient été frappés de cette vaste étendue de la terre que ni leurs yeux ni leurs pas ne pouvaient mesurer; et ils disaient que Gœa était la divinité « à

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