‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 311 sur 550 · Pausan., V · texte numérisé non relu

Pausan., V

4. Ses attributions se confondaient quelquefois avec celles de la M6re des Dieux. Selon

tique de Gaea, assez mal défini aux époques historiques, sauf peut-être chez les Athéniens fiers de leur autochthonie légendaire, sans disparaître complètement, tendait cependant à s*effacer devant le culte plus précis de Dèmèter.

Rhéa^ le mot l'indique, est aussi la terre divinisée. Ce mot semble, en effet, n'être qu'une métathèse de epa, dont la racine se retrouve dans le sanscrit Ira \ dans le latin terra et dans l'allemand Ei^de. C'est .peut-être une divinité analogue à celle que les anciens Germains, au témoignage de Tacite*, adoraient sous le nom de Nerlhus.

Rhéa se distingue tout d'abord de Gaea par l'origine de son culte, qui n'appartient pas à la Grèce propre. Sans doute son nom se trouve déjà dans ï Iliade; mais le poëte homérique pouvait l'avoir emprunté aux traditions religieuses de l'Asie Mineure. En Crète, Rhéa, aussi bien que Gsea, apparaît comme la mère primitive de tous les êtres. Dans ce pays, son culte était associé à celui du Jupiter du mont Ida : les légendes Cretoises, dont quelques vers de la Théogonie nous ont apporté l'écho, disaient que Zeus, nprès sa naissance, avait été envoyé en Crète par sa mère Rhéa, et caché par elle dans les profondeurs d'une caverne, où la Terre l'avait nourri et l'avait élevé ^. Le dieu le plus puissant du monde, celui dont les autres dieux et les hommes eux-mêmes ne sont que les enfants, avait donc été mis au jour parilhéa et avait bu la vie à son sein maternel. Le poëte homérique, développant cette idée, ajoutait que, de son union avec Cronos, elle avait enfanté les trois frères divins qui composent la trinité primitive de l'Olympe : Zeus, Poséidon etiladès*, et les poètes postérieurs la désignaient d'une façon générale comme la Mère des Dieux (Mtqttjp Oswv).

Ce culte de la Mère des Dieux, de bonne heure répandu en Grèce, y avait été apporté d'Asie Mineure, où il remontait à une haute antiquité. Toute la vaste péninsule reconnaissait dans Rhéa la première et la plus grande de ses divinités ; les sommets de ses principales montagnes étaient consacrés à cette Grande Mère. Elle régnait sans partage sur rida troyen, sur le Sipyle de Mysie, sur le Tmolos lydien , sur les chaînes de la Phrygie et de la Bithynie. Suivant les difTérentes conrées où elle était adorée, elle s'appelait tour à tour la déesse du mont- Sipyle (l'.-uXr/^Yî) , la déesse du Dindyme ( A'.vSu[jLY;vy;) , la déesse duDérét

Frapm., 36, éd-Bcrj^k) l'appelle fXT^,rr}p ueyiuTij 5at,advwv *OÏOfin(ùiv xpivra Vil fiiXatv». Dans le péribolc du lempli' de Zeus olympien, il y avait un fémenos consacré à Gè Olympia (Pausan., I, 18, 7).

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