‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 33 sur 550 · Odyss., m · texte numérisé non relu

Odyss., m

le régulateur souverain? Il y a donc accord et conciliation entre la puissance de Jupiter el les lois naturelles; les décrets divins et la force fatale se confondent*.

La souveraineté de Zeus, reconnue par tous les immortels, s'exerce, à plus forte raison, sur Thumanité. S*il est le père des dieux, il est aussi le père des hommes {zx-rrip àvBpwv t£ Oîwvts). Celte dernière expression n'implique sans doute, en général, que l'idée de l'action conservatrice et protectrice de la divinité ; mais elle a quelquefois un sens plus précis. Malgré la diversité des légendes relatives à Torigine de la race humaine *, l'idée d'un dieu père et créateur des hommes, comme de toutes choses', ne semble pas étrangère à la Grèce. Quand les différentes tribus helléniques prétendaient que leurs premiers ancêtres étaient fils de Zeus, quand à Égine on racontait que Zens avait donné le jour à iEaque, en créant cette légende, on obéissait à ce sentiment instinctif qui fait que l'homme conçoit son existence comme venant de la divinité. Ce sentiment éclate dans le cri de désespoir qui échappe à un des personnages de YOdyssée. a 0 Zeus père, dit Philœtios, aucun dieu n'est plus cruel que toi ; tu n'as pas pitié des hommes, et cependant c'est toi qui lésas engendrés*.» Zeus était donc conçu quelquefois comme le père commun, comme le père qui habite au ciel.

Au sens figuré, d'ailleurs, les Grecs homériques sont bien véritablement les enfants de Jupiter. C'est de lui, en effet, qu'ils attendent toutes choses. « Êtres d'un jour, dira Pindare, que sommes-nous et que ne sommes-nous pas? L'homme est le rêve d'une ombre. Mais, lorsque vient un rayon envoyé par Jupiter, les mortels jouissent d'une brillante lumière et d'une douce vie *. » Ce sentiment est aussi celui de la première époque de la civilisation grecque. L'homme est alors dans une étroite dépendance du dieu souverain du ciel ; il sait que Zeus peut tout sur sa vie. C'est lui qui fait les guerriers et qui fait les sages ^i c^est lui qui donne la gloire aux uns, qui la retire aux autres \ « Facilement il prête la force; facilement il écrase le fort; par lui l'homme illustre est abaissé, l'homme obscur est exalté '. » La prospé-

1. Nous ne faisons qu'indiquer ces idées et les résumer. Pour les preuves, voir Nageisbach, Hotnerische Théologie, p. 120-148. Cf. J. Girard, ouvrage cité, p. 66-68 et l'élude de M. Aug. Christ, Schicksal wxd Gottheil bei Homer (Innsbruck, 1877).

2. Elles ont été l'objet d'une thèse intéressante de M. Bbuché-Leclercq : Placiia Grœcoitim de origine generis humani.

3. Soph. Trach,^ 275 : h râv dnreévruv Zsù? naThp *OA0/uiffto>.

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