Bipnne homfriqae à Miiile
2. Fauisc explication, mslRré l'a (H^iychius). Le lubsUmlif j^'d > nce KbienacT).
3 et euir. Iradiietîon Glmict, l£;;£rement modifiée, ippircnlc avec les épiibiici de 'Ax>iptg et 'A^Sifs «ùt daatiË ix''"' '^^ """"^ kyjtia (= «Uetw de U
de Plutarque, célébraient en son honneur une fête dont le caractère triste rappelait le deuil de la déesse privée de sa fille*. Les artistes grecs la représentaient avec un voile et donnaient à sa figure une expression de grave tristesse '. « Pendant neuf jours, dit le poëte, la vénérable Dèo erra sur toute la terre, tenant en ses mains des torches enflammées; tout entière à son affliction, elle ne goûta ni ambroisie ni nectar ; elle ne plongea pas son corps dans le b;iin. » Le dixième jour, elle rencontre Hécate qui s'intéresse à sa douleur, qui a entendu les cris de Corè, mais qui n*a pas vu le ravisseur. Dèmèter l'écoute sans lui répondre, et elle poursuit, accompagnée d'IIécale, ses ardentes recherches. Les deux déesses arrivent bientôt près du Soleil, témoin divin de toutes choses, aux regards inévitables duquel Tenlèvemcnt de Corè n'a point échappé. Le Soleil révèle à Dèmèter le nom du ravisseur : c'est Aïdoneus, que Zeus lui-même a autorisé à prendre Perséphonc pour épouse. A cette nouvelle, la douleur de Dèmèter ne connaît plus de bornes : irritée contre le souverain des dieux, elle s'enfuit de rOlympe ; elle abandonne les traits d'une déesse pour prendre les vêtements et l'apparence d'une vieille femme, et, sous celte forme, elle parcourt les villes et les campagnes à la recherche de sa fille chérie. Dans ses courses vagabondes, elle arrive enfin à Eleusis.
Ici se trahit chez le poète l'intention de donner une origine merveilleuse à l'institution des Mystères éleusiniens. C'est, en eflet, chez le premier roi mythi(]ue d'Eleusis, Kéléos, que Dèmèter trouve un asile dans sa détresse; c'est chez lui que pour la première fois elle consent à s'arrêter et à reposer sa tête. « Elle s'assit sur le chemin, le cœur déchiré de douleur, près du puits Parthénios, à Tombre d'un olivier touffu qui la couvrait de ses rameaux. Les filles de Kéléos, qui venaient puiser l'eau vive dans des vases d'airain pour la porter au palais de leur père, aperçoivent la vieille femme et l'interrogent. Dèmèter, qui ne veut pas se faire connaître, leur répond qu'elle a été enlevée par des pirates et jetée sur les côtes de l'Attique, d'où elle s'est enfuie au hasard ; elle demande maintenant un asile, et pour ne pas être à charge à ses hôtes, elle acceptera dans la maison qui voudra l'accueillir un emploi de nourrice ou de servante. Les filles de Kéléos rentrent au palais pour faire part du désir de l'inconnue à leur mère Mélanire. Celle-ci avait un jeune enfant qu'elle consent à confier à la vieille femme.
i. De h. et08ir,,m,
2. Voir los monnaies Ijëotiennos et un beau hiistc de terre cuite l'écemment sorti de \n nécropole de Thô.bes [Monuments grec» publiés par l'association des Études grecques, 1873, pi. 2.). Cf. Il pi. I, et le remarquable mémoire de M. Hcuzey sur les figures de femmes voilées (méme>ecueil, années 1873 et 18741. Cf. du même auteur (1876), Nouvelles recherches sur les terres cuites grecques.
DÊMÈTER ET PERSÉPHONE. 559
Les filles de Kélcos retournent auprès de Dèmoter pour lui apprendre cette bonne nouvelle et la ramènent avec elles. A peine la déesse a-t-elle franchi le seuil du pahiis qu'un éclat céleste brille à travers le masque qui la recouvre et illumine tout le palais; sa divinité se trahit malgré elle. A son aspect, Métanire saisie d'un respect mêlé de crainte, lui cède le siège où elle était assise. La déesse étend son voile devant sa figure, et, dans sa douleur, elle reste longtemps immobile, sans prononcer un mot, sans faire un geste, sans goûter ni mets ni breuvages. Rien ne peut la consoler ni la distraire de son affliction. Seule la jeune lambé ^ réussit par ses plaisanteries à amener un sourire sur les lèvres de la déesse.
Cependant Métanire a confié son fils Dèmophoon à la nourrice divine, et bientôt Tenfant grandit « comme un dieu, sans se nourrir de pain et sans sucer le lait. » Dèmèter Teignait d'ambroisie, et le tenant entre ses bras, elle soufflait doucement sur lui. Pendant la nuit, elle le cachait dans le feu, comme un tison, à Tinsu de ses parents. Mais un jour Métanire aperçut Dèmèter qui mettait Tenfant dans la flamme ; épouvan,lée, elle pousse des cris perçants, s'imaginant que son fils va périr. La déesse retire l'enfant du feu et adresse alors d'amers reproches à l'épouse de Kéléos. Cette flamme où Dèmophoon était déposé chaque nuit devait, suivant une idée qui se retrouve dans le mythe du bûcher d'Hercule, purifier l'enfant de ses éléments terrestres et le rendre immortel. Métanire ne Ta pas voulu ; son fils ne sera donc pas à l'abri de la vieillesse et de la'mort; mais ses honneurs ne périront jamais parce qu'il a reposé sur les genoux d'une déesse et qu'il a dormi dans ses bras. La divinité de Dèmèter se révèle d'une façon éclatante; elle ne peut plus la cacher: «Je suisDèmèter, dit-elle, cette déesse comblée d'honneurs, qui est la joie et l'utilité des dieux et des mortels; mais, allons, que tout le peuple me bâtisse, au-dessus de la ville et des hauts remparts, au sommet du Callichoros et de sa colline dominante, un vaste temple et un autel. Je vous enseignerai moimême mes mystères, afin qu'à l'avenir vous en pratiquiez les rites sacrés et que vous apaisiez mon esprit'. »
Voilà l'institution des Mystères éleusiniens expliquée et justifiée. Mais ce n'est là qu'un épisode de cette grande action mythologique. Le drame, en effet, n'est pas terminé. La douleur de Dèmèter n'est nullement apaisée et sa colère obstinée se manifeste par de terribles effets. « Elle prépare pour les mortels, sur la terre nourricière, une année
1 Personnification des vers iambiques et de ces scènes comiques qui interrompaient, à un rertain moment de la féto, le deuil des initiés. 2. Vers 268 et suivants.
terrible et cruelle. La terre ne fit gormer aucune semence ; car Dèmètcr à la belle couronne Ivs avait toutes cachées. De nombreuses charrues recourbées furent traînées par les bœufs dans les champs labourés, mais inutilement. De nombreuses graines d'orge blanc tombèrent vainement sur le sol. » La race entière dos hommes eût péri si Jupiter ne s'en fût inquiété. Il envoie sa messagère Iris auprès de Démêler, qui repousse obstinément ses prières. La déesse ne remontera à TOlympe et ne permettra à la terre de produire des fruits que quand elle aura revu sa fille. Jupiter est contraint de céder. Il expédie Hermès dans l'Érèbe pour obtenir du roi infernal que Perscphone remonte des ténèbres à la lumière. Hadès y consent, mais avant de renvoyer Corè à sa mère, il lui fait manger en secret le grain de la grenade, qui doit avoir pour effet de l'empêcher de rester toujours sur la terre, et qui la forcera de rentrer dans Tempire infernal. Pirséphone monte alors sur le char de son époux qu'entraînent sous la conduite d'Hermès d'impétueux coursiers, et bientôt elle arrive à l'endroit où demeure Dèmèter, devant son temple odorant de parfums. A la vue de sa fille, Dèmèter s'élance « comme les Ménades des montagnes, à travers les sombres forêts. » Corè de son côté court embrasser sa mère : « Mon enfant, dit la déesse, n'as-tu pris aucune nourriture d ins le sombre séjour? Parle ; s'il en est ainsi, tu pourras habiter avec moi au sein de l'Olympe. Si, au contraire, tu as goûté quelque nourriture, tu retourneras dans les profondeurs de la terre pour y habiter pendant Tune des trois saisons de Tannée, tandis que tu passeras les deux autres auprès de moi et des immortels. Quand, à l'heure embaumée du printemps, la terre se parera de mille espèces de fleurs, alors tu sortiras de nouveau des épaisses ténèbres, spectacle merveilleux pour les dieux et pour les hommes, » — Corè a mangé le grain de la grenade, comme elle le confesse à sa mère : elle subira donc la loi que Dèmèter vient d'énoncer, que Zeus bientôt va consacrer, et qui n'est autre que la loi de la germination et des vicissitudes annuelles de la vie des végétaux.
C'est à cet ordre d'idées qu'il faut rattacher la signification symbolique de la pomme de grenade qui, sur plusieurs monuments antiques comme dans l'hymne homérique, est l'attribut de Perséphone. La grenade est généralement considérée par les mythologues comme l'emblème de la fécondité et du mariage, et dans les mains de Corè, elle est, d'après eux, le gage sacré de l'union de la jeune déesse avec son époux infernal. Mais ne peut-on pénétrer plus avant dans l'explication de ce symbole? Le fruit du grenadier est, comme chacun sait, remarquable par la