‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 321 sur 550 · Yci-s 393 et suivants · texte numérisé non relu

Yci-s 393 et suivants

DÈMÈTER ET PERSÉPIIOISE. 561

quantité de pépins qu'il contient : à Tépoquc de sa complète maturité, il s'entr^ouvre, et s'il nVst cueilli par la main de Thommc, ses mille grains se détachent successivement de leur enveloppe et ne tardent pas à joncher le sol. Or, ce moment correspond en Grèce à la fin du mois de septembre ou au commencement d'octobre, très-peu de temps avant répoque des semailles. La grenade était donc sans doute une image de ces semences qui, en automne, tombent d'elles-mêmes sur le sol, ou y sont jetées par les soins de l'homme, pour passer dans le sein de la terre la saison d'hiver, celle où Perséphone habite avec Hadès. C'est dans ce sens naturel que la grenade est le symbole de l'union des deux époux infernaux.

Cette union, d'après l'hymne homérique, fut ratifiée à l'origine par le maître souverain du monde, en vertu d'une convention consentie par les principales puissances de la (erre et du ciel. Le dénouement de l'action est, en effet, la réconciliation de Dèmèter avec l'Olympe. La colère de la déesse s'est apaisée depuis que Jupiter a promis à sa tendresse maternelle la présence et la société de sa fille chérie pendant les deux tiers de l'année. Elle accepte donc les ouvertures qui lui sont faites par Rhéa, messagère du maître des dieux. « Viens, ma fille, lui dit celle-ci, c'est Jupiter qui t'invite à te rendre parmi la tribu des immortels; il a promis de te donner dans l'Olympe les honneurs que tu exigeras, et d'un signe de tcte il a consenti à ne laisser ta fille sous les épaisses ténèbres que pendant le tiers de Tannée. Mais viens, mon enfant, et obéis; ne conserve pas une implacable rancune contre le dieu des sombres nuages, contre le fils de Cronos, et, sans tarder, fais croître, les fruits dont se nourrissent les mortels*. » Dèmèter se rend aux instances de Rhéa, et aussitôt les funestes effets de sa colère cessent pour la race des hommes. Elle qui naguère, privée de sa fille, frappait la terre de stérilité, maintenant que Corè lui est rendue, devient une puissance bienfaisante qui, sur le sol désolé, fait de nouveau éclater la joie et germer la vie. « Toute la vaste terre se charge de feuilles et de fleurs. » La vie suspendue de la nature reprend son cours, désormais réglé par le traité solennel intervenu entre le ciel et la terre. En quittant Eleusis, Dèmèter met le comble à ses bienfaits envers l'humanité en instruisant les rois de sa science divine, en les initiant à ces mystères augustes, « qu'il n'est permis ni de négliger, ni de pénétrer, ni de divulguer, car le profond respect des divinités retient la voix. ))Et le récit se termine par ces remarquables paroles que d'autres poètes initiés répéteront, sous une forme différente, mais avec le même accent reli-

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