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ri62 MYTHOLOGIE DE LA GRÈCE ANTIQUE.
gieux : « Heureux, parmi les hommes qui habitent la terre, celui qui a contemplé ces grands spectacles! Mais celui qui n'est pas initie, qui n'a point parlicipé à ces cérémonies saintea, est à jamais privé d'un pareil bonheur, même quand la mort l'a fait descendre dans les sombres demeures ^ »
Tel est ce récit, épique et mystique à la fois, dont la simple grandeur ne se retrouve plus dans les descriptions agréables d'Ovide et dans les vers pompeux de Claudien. L'analyse que nous venons d'en faire montre assez quelles idées simples en sont le fondement. L'enlèvement de Corè et la douleur de Démêler, le séjour de Perséphone auprès d'Hadès et son retour à la lumière, ne signifient autre chose pour nous que la disparition des fleurs et des fruits, le morne aspect du sol pendant l'hiver, le séjour des semences dans le sein de la terre, leur germination et leur éclosion printailièrc. Mais il en était autrement pour les Grecs aux époques de foi. Ce n'étaient point là de pures images. La nature se composait alors d'énergies vivantes et passionnées, d'élres divins capables de douleur comme de joie, et les différentes phases de la végétation de la terre devenaient pour Tir jagination grecque les actes divers d'une tragédie merveilleuse, à la fois divine et humaine. L'homme, en effet, ne pouvait y rester indifférent. A ces mouvements périodiques de la vie dans la nature correspondent les travaux de l'agriculture, sans laquelle l'homme ne peut vivre. Aussi les Grecs célébraient-ils par des fêtes distinctes les principales péripéties de ce drame religieux, en d'autres termes, le renouvellement des saisons et les métamorphoses de la végétation.
L'époque des petites Éleusinies était le mois d'Anthestèrion (février), le mois des fleurs : c'était l'heure du retour de Corè, de son ascension (àvoSoç), comme disaient les Grecs. Quant à sa descente dans les enfers (xdOo^oç), elle se célébrait à des époques différentes, suivant les pays, mais dans une période toujours comprise entre la moisson et les semailles. En Argolide et en Sicile', la disparition de Corè concordait avec la fin de la moisson, au moment où les champs cultivés ont perdu leur parure de blé, où il semble que commence le deuil de la Terre : tradition que paraissent avoir suivie les poètes latins quand ils font passer à Proserpine six mois seulement sur la terre et les six autres mois dans l'empire souterrain. En Attique, le même événement mythique était rappelé dans les cérémonies des Thesmophories du mois d'octobre. A Eleusis, les grandes Éleusinies, qui ne sont qu'une forme