‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 323 sur 550 · DioHor., V, 4; PauMn., U · texte numérisé non relu

DioHor., V, 4; PauMn., U

DÈMÈTEU ET PERSEPHONE. 363

relativement récente des Thesmophories et un développement nouveau de la reli«^ion des Grandes Déesses, se célébraient à la lin de septembre. C'étaient surtout les pratiques de ces dernières fêles qui faisaient allusion aux différents actes de la légende dont le poète homérique nous a conservé une si vivante image. Ce fut là qu^à partir du sixième siècle environ avant l'ère chrétienne, la religion de Dèmèter et de Perséphone s'exprima dans tout Téclat de ses représentations, et avec le caractère auguste de ses rites mystérieux.

Eleusis était, en effet, la terre sainte des Grecs, celle qui portait Tempreinte des pas de Dèmèter et où tout la rappelait. Là, elle avait souffert sdi passion douloureuse ; là, elle s'était manifestée dans sa gloire divine ; là, elle avait enseigné aux hommes les secrets de son culte. On montrait le puits où elle s'était arrêtée, la pierre où elle s'était assise, la maison qui l'avait accueillie dans sa détresse, la place du premier temple qu'elle s'était fait bâtir. Aux abords de la ville sainte, les rochers, les moindres accidents de terrain portaient des noms qui réveillaient dans les âmes pieuses le souvenir de la vie terrestre de la déesse. Au temps où le poète homérique composait son hymne, la légende de Dèmèter était depuis longtemps localisée à Eleusis. Le culte éleusinien était fixé, les Mystères constitués ; car, si le poète initié se garde de rien révéler de ce qu'il avait vu ou entendu dans les profondeurs du sanctuaire, ses préoccupations mystiques se trahissent malgré lui, et certains détails de son récit nous laissent déjà pressentir quelques-uns des secrets que nous allons essayer de pénétrer.

Page 1