‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 325 sur 550 · vu. Denietr., cap. uvi · texte numérisé non relu

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n'arrivaient à ce dernier terme qu'après des délais assez longs et après s'être soumis à toutes les formalités qui leur étaient imposées par les exigences des prêtres. Ceux-ci pouvaient refuser à qui ils voulaient la participation des rites sacrés. Le célèbre thaumaturge Apollonius de Tyane vint à Athènes en Tan 51, nous raconte Philostrate, son biographe^ et se présenta pour élre admis aux Mystères; mais le hiérophante repoussa sa demande parce qu'Apollonius était suspect de magie. Pendant longtemps le droit d'être initié avait été un privilège exclusif des citoyens athéniens ; plus tard, quand les Mystères s'ouvrirent à tous les peuples de la Grèce, l'initiation supposa toujours certaines conditions, assez larges, il est vrai, de moralité. Cette religion faite d'abord pour une élite, et d'où les Barbares restèrent exclus, en s'élargissant et en devenant chaque jour plus accessible, garda la prétention d'opérer sur les âmes de ses fidèles une véritable transformation et d'en faire une société d'élus.

Les petits Mystères, encore appelés les Mystères d'Agra, du nom de la colline où ils se célébraient sur les bords de Tllissos, étaient la préparation nécessaire des grand;s Mystères. On y recevait un premier degré d'instruction religieuse, une initiation préliminaire. La première formalité à remplir était une purification (xaSapixo;) dont le mode nous est inconnu, mais qui était probablement un emblème de la pureté morale nécessaire à ceux qui voulaient entrer en possession des secrets religieux dont les premiers éléments allaient leur être révélés. Le caractère moral de cette purification s'exprimait nettement dans les mystères de Samothrace, où un prêtre spécial, nommé le CoèSj était chargé de recevoir l'aveu des fautes de ceux qui voulaient se faire initier. Lysandre, raconte Plutarque, voulut un jour prendre part à ces Mystères; il se présenta devant le Coès qui lui ordonna de confesser le plus grand crime dont il s'était rendu coupable. — « Est-ce toi ou les dieux qui l'exigent, lui demanda le général lacédémonien? — Ce sont les dieux, répartit le prêtre. » — « Retire-toi, reprit Lysandre; si les dieux m'interrogent, je saurai bien leur dire la vérité*. » Aucun texte ne nous autorise à croire qu'une confession de ce genre fût exigée aux Mystères d'Agra, et il est probable que la purification dont il s'agit n'était qu'une cérémonie symbolique, commune à tous les mystes. A cette cérémonie succédaient peut-être (car les renseignements précis font défaut sur ce point) des prières, des litanies en l'honneur des divinités auxquelles était consacrée la fête, la récitation des légendes sacrées

\. VU. Apollon., iy,i^,

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