Grenouilles, v. 324 et suiv. traduct. Poyard
5. Grêlaient ài^s veillées sacréeê, r.oLWJxiSsi (Arisloph., lirenouilleM, v. 370).
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par les plaisanteries d'Iambè, elle avait consenti à boire la liqueur sacramentelle, mélange d'eau, de menthe et de miel, à laquelle on donnait le nom de ajcéon. Les mystes qui s'associaient aux sentiments de douleur de la déesse, jeûnaient donc comme elle pendant neuf jours; le dixième, le jeûne était rompu, et à Pimitation de Dèmèter, on buvait le cycéon, symbole de Tallégresse qui allait bientôt succéder à la tristesse douloureuse de la première partie de la fête. Les rites mystérieux qui se succédaient dans le sanctuaire étaient de deux ordres divers ; d'une part, les actes accomplis par les prêtres et par les initiés (xà 8p(l[>[jLeva) ; de l'autre, les spectacles (xà BscxvujjLEva) qui étaient offerts à leurs regards. Parmi les actes, un des plus importants était la collation (izApixàoaK;) de certains objets sacrés que les initiés touchaient, d'une nourriture divine dont ils goûtaient, comme Bomblent l'indiquer les termes de la formule suivante usitée dans les Mystères : « J*ai jeûné, j'ai bu le cycéon, j'ai pris de la ciste, et après avoir goûté, j'ai dépoàé dans le calathos, j'ai repris dans le calathos et mis dans la ciste ^ » C'était une sorte de sacrement * dont les symboles faisaient allusion aux mythes des divinités avec lesquelles on voulait entrer en communication. On entendait sortir de la bouche des prêtres des formules sacramentelles, des mots mystérieux doués d'une vertu divine ; on apprenait d'eux les noms secrets des dieux '. A un certain moment, le hiérophante s'écriait d'une voix éclatante : a La vénérable (déesse) a mis au jour l'enfant sacré, Brimo a enfanté Brimos, a c'est-àdire la forte a enfanté le fort *. Cet enfantement n'était autre sans doute que celui d'Iacchos ou de Dionysos-Zagreus, dont le culte orphique s'était mêlé à celui des mystères éleusiniens. Â la même idée se rapporte la formule « Te xùs » verse la pluie, enfante » ; formule qui suppose l'action fécondante de Zeus sur Dèmèter, c'est-à-dire du ciel qui verse les pluies dans le sein de la terre pour y faire éclore une vie divine. L'idée de la germination des plantes et de leurs métamorphoses, de celles du blé en particulier, s'exprimait encore dans une cérémonie spéciale à laquelle fait allusion l'auteur des Pliilosophoumena. «r Les Athéniens, dit l'écrivain chrétien, dans les Mystères d'Eleusis, montrent aux époptcs comme le grand, l'admirable, le plus parfait objet de contemplation mystique, un épi de blé moissonné en silence ". » Cet
1. Liban., Dec/am. XIX. — Clem. Alex., Proirepl.. p. 18, Potier. Cf. Arnob., Adv, Cent., V, p. 77, RigîUt.
2. Nous employons ici quelques-uns des termes dont s'est servi M. Guigniaut {Mëm, cité, p. 56).