Non poae iuavUer vivi secundum Epicurum
Le bonheur de la vie future était donc la séduisante promesse des Mystères. Cette promesse n'était pas faite par les prêtres au nom des dieux; elle s'exprimait dans certaines poésies mystiques mises sous les noms d*Orphée, de Musée ou d'Eumolpe, et qui étaient sans doute lues ou récitées dans le sanctuaire, a Musée et son fils, dit PlatoQ» conduisent les justes dans Tlladès, et ils les font asseoir au banquet des saints où, couronnés de fleurs, ils passeront toute leur existence dans une éternelle ivresse ^ » Les initiés occupaient la première place dans Tempire infernal ; ils composaient une société d'élu3 qui régnaient sur les morts et dont le bonheur ne se bornait pas à des plaisirs profanes; car ils voyaient les dieux; leur âme vivait» habitait avec eux*. Les Mystères, qui ouvraient aux hommes ces perspectives d'un bonheur infini, supposaient donc l'immortalité de l'âme qui n*avait pas besoin d'être révélée comme un dogme, car elle était la première croyance, de ceux qui venaient à Eleusis chercher, en vue de l'autre vie, des gages de salut et des promesses de béatitude. Les Mystères ne faisaient que rendre sensibles, et préciser par différents symboles, les idées vagues qui avaient cours sur la destinée de l'homme après la mort. Quelques textes, il est vrai, peuvent faire supposer qu'il s'agissait moins de l'im-r mortalité que d'une palingénésie, de migrations et de purifications successives de l'âme, en un mot, de la métempsychose pythagoricienue. Il n'est pas impossible qu'aune certaine époque de leur développement, quelques-uns des rites des Mystères aient fait allusion à de pareilles idées. Mais les indices qu'on peut recueillir à ce sujet ne sont pas assez clairs pour qu'on en puisse tirer une conclusion. — a Heureux, dit Pindare, celui qui après avoir vu ces choses, descend sous la terre.; il connaît la fin de la vie; il en connaît aussi le commencement donné par Jupiter (Bii^BoTov àpx^v)^. x> Ces derniers mots peuvent signifier* k la rigueur, que, pour les initiés descendus dans la terre, la vie qui finit est suivie d'une vie nouye)le qui commence. Mais on peut les entendre également dans ce sens queles initiés, entrant après leur mort en commu? nication avec les divinités chthoniennes qu'ils ont adorées de leur vivant, possèdent enfin le secret qu'enferme la terre, c'est-àrdire, le secret de cette perpétuelle alternance de la vie et de la mort dans la nature, dont les vicissitudes de ta végétation personnifiées dans la légende de Perséphone, offrent l'image. Il est donc impossible, sur des preuves aussi légères, d'attribuer aux Mystères la doctrine de la métempsychose. Au