CHAPITRE IV
Les rapports que nous venons de signaler entre les divinités des Mystères et Tidée de la mort, avaient leur origine dans les croyances populaires les plus anciennes de la Grèce. Une des deux grandes déesses d'Eleusis, Perséphone, apparaît déjà dans VIliade avec son caractère infernal. Bien que le poëte semble ignorer le mythe de son enlèvement, il ne la sépare point dUIadès, ce Jupiter souterrain (Zeù; xaTaxôovioç*), dont elle est la Junon. C'est ce couple redoutable qu'invoquent les personnages de VIliade. Au neuvième chant du poëme, quand Althée souhaite la mort de son fils Méléagre, meurtrier de ses oncleS) elle frappe la terre à plusieurs reprises, de la paume de la main, pour se faire entendre des divinités d'en-bas; a elle appelle et Hadès et la terrible Perséphone'. » Ces deux divinités, réunies, aux temps homériques, dans une communauté d'attributions, étaient alors déjà, comme elles seront plus tard, les deux principales puissances de la mort. Il nous faut donc analyser d'abord le caractère mythologique d'Hadès et celui de Perséphone, si nous voulons comprendre les idées que s'étaient faites les Grecs du monde mystérieux qui les recevait après la vie.
Une première question se présente à nous : celle qu'on est tenu de se poser à propos de chacune des divinités grecques, depuis que l'étude du sanscrit et des hymnes sacrés des Védas permettent d'espérer la constitution d'une science nouvelle, qui s'appelle la mythologie comparée. L'IIadès des Grecs a-t-il son origine dans la religion des premiers Aryas?M. A. Maury n'hésite pas à répondre aflirmativement. D'après lui, Hadès ne serait que la forme masculine d'une divinité
i. //tW,lX, 456.