‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 337 sur 550 · Ibid., IX · texte numérisé non relu

Ibid., IX

védique Aditi, dont le nom se retrouverait, encore moins altéré, dans le dieu infernal des Latins, Dis^ditis^.ULsiis est-il possible d'accepter cette assertion autrement que comme une pure hypothèse? Tout d'abord, de Taveu d*un éminent indianiste, M. Max Huiler, la signification étymologique du mot sanscrit Aditi est douteuse et mal établie '. Youlût-on admettre, avec quelques-uns, que la racine de ce mot éveille ridée d'un être infini, le sens d'Hadès n'en serait guère éclairci. Y at-il d'ailleurs quelque analogie, même lointaine, entre la conception de l'Hadès grec et celle de l'Aditi védique ? Voici la définition qu'un des poètes des Védas nous donne de cette dernière divinité : <c Aditi est le ciel; Aditi est Tair; Aditi est père, mère, fils; tous les dieux sont Aditi elles cinq tribus; Aditi est ce qui est né, Aditi est ce qui naîtra'. » II faut donc voir en elle une vague personnification de la nature considérée dans son œuvre de création, et s'il est une divinité grecque dont on puisse la rapprocher, à la rigueur, c'est Rhéa, la grande mère des dieux helléniques, et non pas Iladès. Malgré les rapports de sons qui semblent unir les mots Aditi et Hadès, il faut renoncer, je crois, à faire dériver le second du premier, et, sans nier que le nom du dieu infernal des Grecs puisse avoir une très-antique origine, nous devons, à défaut de renseignements précis sur ce point, nous renfermer dans les limites de la Grèce pour chercher à l'expliquer.

Le nom d' Hadès (^ïdè^ dans le dialecte épique) ou ^liVio/i^z/s éveillait dans l'esprit des Grecs une idée très-déterminée, celle de Vinvisibilité du monde souterrain. Cette étymologie, il faut en convenir, s'accorde singulièrement avec la conception essentielle du dieu. Dans le partage primitif de l'univers entre les trois fils de Cronos, Aidés, dit le poète homérique, a obtenu comme domaine propre le monde de l'obscurité épaisse, le sein de la terre qui enferme les morts auxquels il commande en maître \ 11 est le roi des ténèbres d'en bas, comme Zeus, son frère, est le souverain de la lumière d'en haut. Son attribut principal est la coiffure à laquelle les Grecs donnaient le nom de xuvit) : symbole de la nuit profonde où règne le dieu. Cette coiffure d'Hadès rend en effet invisibles les divinités qui la portent : Athèna, par exemple, dans le grand combat du cinquième chant de VIliade,, parvient i échapper ainsi aux regards d'Ares*. C'est l'opposé du nimbus, de l'auréole lu-

i. Religions de la Grèce, I, p. 94.

2. Nouvelles leçons sur la science du tangage, t. Il, p. 251 , note 1. (Traduction de MM. Georges Pcrrot et Ilarris).

3. Ui{^-Véda, trad. Langlois, 1. 1, p. 169. Cf. Maury, Religion des Aryas, p. 51, dans les Croyances et légendes de V Antiquité,

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