‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 340 sur 550 · Opéra et Dics, v., 465 sqq · texte numérisé non relu

Opéra et Dics, v., 465 sqq

5. MotiumenU de VlnsiUui archéologique, Y, 49 ; Wcickcr, Alte Denkmâier, III, 305.

MTTUULOtilC. 25

d'Hadès éveille irrésistiblement l'idée de la mort. Aux yeux des Grecs, mourir, c'était entrer ou descendre dans la demeure d'Hadès; demeure qui, suivant VIliade, est cachée au centre profond de la terre ; qui, d'après VOdyssée, s'étend aux dernières limites du monde visible et du fleuve Océan, au delà du point où le soleil se couche. Ces deux traditions diverses ont une idée commune : celle de l'obscurité qui enveloppe le séjour des morts, qu'il s'agisse des ténèbres intérieures de la terre, ou de cette nuit qui pèse sur un monde que n'éclaire pas le soleil. Mais il y a entre elles cette différence que la tradition dont VIliade nous offre la première expression a été la plus répandue, la plus populaire pendant toute la durée de l'hellénisme, tandis que la tradition épique d'un enfer transocéanique, situé à l'occident de l'univers, parait s'être effacée avec le temps. Examinons d'abord cette dernière conception.

« Quand ton vaisseau, dit Circé à Ulysse, t'aura transporté à travers les flots de TOcéan, tu arriveras à un endroit où est une côte basse et le bois sacré de Perséphone avec de grands peupliers noirs et des saules qui ne portent pas de fruits : fais alors aborder ton vaisseau sur le rivage de l'Océan au courant profond, et toi-même avance-toi dans l'humide et sombre demeure d'Hadès^»Ces traits caractéristiques peignent déjà la contrée des morts, avec sa triste végétation, ses arbres stériles que n'égayent ni aucune fleur ni aucun fruit, son sol ingrat où croissent seulement des prairies d'asphodèles. L'asphodèle était, par excellence, la plante des morts : mauvaise herbe qu'on rencontre souvent en Grèce près des tombeaux, qui se plait dans les terrains pierreux et incultes, et dont la fleur aux teintes pâles et blêmes fait songer au monde décoloré de la mort. Cette inutile végétation est celle des pays où toute vie humaine a cessé. Le poète homérique place cependant à ces extrêmes limites de l'Océan « le peuple et la ville des Cimmériens, enveloppée de brouillards et de nuées ; jamais le soleil ne les regarde de ses éclatants rayons, ni quand il monte dans le ciel étoile, ni quand des hauteurs du ciel il redescend sur la teiTe : devant ces malheureux mortels s'étend sans cesse une cruelle nuit*. » Ce peuple des Cimmériens, dont quelques érudits ont cherché à déterminer la position géographique, n'a jamais eu sans doute qu'une existence fantastique comme les Phéaciens et les Cyclopcs : dans la Nekuia de VOdyssée, il semble être simplement une image mythique de ce peuple des ombres qui voltigent et s'agitent au sein de la nuit. Au vingt-quatrième

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