‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 343 sur 550 · Vill, 18, 2. Cf. Rcrod.. ïl · texte numérisé non relu

Vill, 18, 2. Cf. Rcrod.. ïl

les teintes livides ne peuvent se comparet qu'à celles du cratère d'un volcan ; pas une pousse d'arbre, pas un brin d*herbe dans ce raorne ravin. Tout à coup la gorge se ferme, et Ton a en face de soi un immense entassement, un éboulcmentde la montagne, un vrai chaos. Audessus de soi, au plus haut sommet, on aperçoit un filet d'eau noire qui glisse le long d'une muraille verticale de granit rouge, et qui en bas, subitement, s'engouffre sous la neige ou dans le roc, suivant les saisons. Où allait cette eau? Où dirigeait-elle son voyage souterrain? Tel était le mystère qui avait sans doute frappé les premiers habitants de la contrée. Épouvantés du spectacle de cette nature désolée, ils avaient cru que l'eau du Styx pénétrait jusqu'aux entrailles de la terre, où elle arrosait l'empire infernal. Les impressions qu'ils avaient ressenties s'étaient renouvelées pour leurs descendants, dont la frayeur avait raconté, au sujet du Styx, des fables nouvelles. Nul être vivant, disaiton, homme ou animal, ne pouvait boire do cette eau sans en mourir. On lui attribuait des propriétés corrosives qu'on n'y trouve plus maintenant; le verre, le cristal, les vases de terre qu'on y plongeait étaient aussitôt brisés ; elle attaquait également les métaux : le fer, l'airain, Targent, l'ambre, l'or lui-même*. Cette eau destructrice était vraiment pour les Arcadiens la rivière de mort : tradition qui en Grèce a survécu au paganisme; car aujourd'hui encore, le Styx, sous le nom de MavrO" Néro (r Eau-Noire)^ inspire aux habitants de la contrée une superstitieuse terreur.

Les noms des autres fleuves infernaux, inconnus au poète de V Iliade^ se rencontrent pour la première fois dans VOdyssée. « C'est là, dit Circé à Ulysse, que dans l'Achéron se jettent et le Pyriphlégéthon, et le Cocyte, qui est un écoulement de l'eau du Styx *. » VAchéron^ aux temps historiques, est devenu le fleuve principal du monde d'en bas, celui dont le nom suffisait à exprimer l'enfer et ses terreurs. Mais, à l'origine, ce n'était pas une rivière fantastique. L'Achéron était un torrent qui descend des montagnes de la Thesprotide, et avant de se jeter dans la mer en face de l'île de Paxos. forme un lac : le lac Achérusias. Les exhalaisons pestilentielles de ce marais et la teinte sombre de ses eaux, avaient été Torigine de certaines traditions locales sur les enfers; traditions dont s'empara le poète de VOdyssée^ quand il transforma le fleuve de la Thesprotide en un fleuve de l'IIadès '. Le souvenir de ces croyances populaires ne s'est pas complètement effacé. Le dieu

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