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4. Mûller-Wieielcr, Z). ^. K.ll,n'87j, 877:87 diïPi-« il'Hypnos, voir 0. Jniin {Arch. Beilrâge, 53, i
M rcprê«enlitioni et les upecti
391 MYTHOLOGIE DE LA (iRÈCE ANTIQUE.
jouent un rôle capital dans les tragédies d'Eschyle et qui, à ce titre, méritent d'être étudiées avec attention : les Érinyes,
Le mot grec 'Epivjç a été identifié par les indianistes avec le mot sanscrit Saranyû, Pour M. MaxMûller, ce dernier mot signiGait : l'Aurore. D'après lui, quand les Grecs disaient qu'Ërinys poursuivait un criminel, le sens originaire de cette locution qu'ils ne comprenaient plus était celui-ci : l'aurore, c'est-à-dire, le lendemain, ou d'une façon générale, l'avenir, découvrira les crimes de la nuit. « Au lieu de notre expression abstraite et morale : tout crime est découvert un jour ou l'autre, la vieille expression proverbiale et poétique était : l'Aurore, l'Érinys, le fera paraître à la lumière ^ » Cette interprétation, qui se recommande de l'autorité de Max Mûllcr, est contestée par toute une école de mythologues, qui apportent dans l'explication des mythes védiques des idées complètement opposées à celles de l'éminent professeur d'Oxford *. Nous ne pouvons donc nous décider à l'adopter. Il faut coU' venir d'ailleurs que l'idée de l'Aurore, révélatrice des crimes de la Nuit, se retrouve difficilement dans le mythe grec. L'épithète de -f^îpsçoTT'.ç (celle qui plane dans les brouillards, ou dans les ténèbres) ordinairement appliquée à Érinys, peut s'entendre, à la rigueur, de l'Aurore, considérée comme une divinité cachée dans l'ombre du crépuscule qui précède les premiers rayons du jour. Mais combien cette épithète s*explique plus simplement par la conception grecque qui fait d'Érinys une fille de la Nuit, une habitante des ténèbres de l'Erèbe! C'est, en effet, dans les profondeurs de la terre que les Érinyes homériques exercent leur action ; c'est là qu'elles apparaissent comme des puissances executives au service des deux grandes divinités infernales : Aides et Perséphone. En supposant que le mythe des Érinyes, comme ceux de la plupart des divinités grecques, ait une origine physique, il parait difficile, dans l'état actuel de nos connaissances, de retrouver sûrement ce sens primitif, et il est incontestable que chez Homère les Érinyes ont un rôle purement moral.
Suivant les croyances grecques, les lois qui règlent l'harmonie du monde et des êtres sont enfermées dans le sein de la terre. Les Érinyes, à titre de divinités chthoniennes, ont connaissance de ces lois, et leur fonction consiste à les faire respecter. « Qui tient dans le monde le gouvernail de la nécessité ? demandent à Prométhée les Océanides. — « Ce sont les trois Parques et les Érinyes à la mémoire fidèle '. » Les
\. Max Mûllor, Essais de mythol. comparée^ Irnd. G. Peii-ol, p. 106-198.
2. Pour Ad. Kiihn (ZcUschr. f. vcrgi. Sprachf., 1, 45D)'et Sonne (Zeitschr., X, 121). Saranyû est la nuôe orageuse.