‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 35 sur 550 · ibid · texte numérisé non relu

ibid

ZEUS. ii3

Sainte. « Nous avons vu, dit Bossuet*, que toute puissance vient do Dieu. Les princes agissent donc comme ministres de Dieu et ses lieutenants sur la terre. C'est par eux qu'il exerce son empire. C'est pour cela que nous avons vu que le trône royal n'est pas le trône d'un homme, mais le trône de Dieu même. » De même, chez Homère, le sceptre que porte Agamemnon n'est pas le sceptre d'un roi ; c'est le sceptre même de Jupiter '. Mais ces analogies sont plutôt apparentes que réelles. En fait, rien ne ressemble moins à la monarchie de droit divin, dont Bossuet faisait la théorie pendant que Louis XIV en faisait l'application, que Tautorité exercée par Agamemnon sur ses soldats et sur les chefs de l'armée grecque. L'origine divine du pouvoir des rois homériques s'explique plus facilement que la théorie de Bossuet. D'après les croyances grecques, les rois sont les descendants des héros. Or, les héros, par leur naissance, participent à la fois de la divinité et de l'humanité. Ils ont donc transmis à leurs descendants quelques parcelles de sang divin ; et c'est à cela que les rois doivent de gouverner les hommes. Ces délégués de Jupiter sont spécialement chargés par lui de présider, sur terre, à l'ordre moral : ils rendent la justice en son nom. Mais leur caractère sacré ne fait pas qu'ils soient infaillibles. Leurs passions humaines les entraînent quelquefois à fouler aux pieds cette justice, d'origine divine, dont le dépôt leur a été commis. C'est alors Jupiter luimême qui intervient pour réprimer l'abus qui a été fait de son autorité et pour rétablir l'ordre moral troublé. Sa justice sommaire, impitoyable, ne distingue pas entre les coupables : à ses yeux, rois et peuples se confondent. Les peuples sont donc châtiés pour les fautes de leurs chefs, de même qu'ils sont récompensés pour leurs vertus'. « 0 femme, dit Ulysse à Pénélope, ta renommée s'étend jusqu'au vaste ciel, comme celle d'un roi irréprochable qui régnant, à la façon d'un dieu, sur des hommes nombreux et vaillants, règle tout par la justice : grâce à lui, la terre noire porte du froment et de l'orge, les arbres sont chargés de fruits, les brebis ne connaissent pas la stérilité, la mer fournit des poissons en abondance. Tel est l'effet de son bon gouvernement. Les peuples prospèrent sous son sceptre*. » La contre-partie de ce passage se trouve au xvr* chant de l'Iliade. « Ainsi, dans un jour d'automne, l'ouragan accable la terre noire sous le poids des eaux furieuses que verse Jupiter dans son courroux contre des hommes qui, au milieu du peuple, rendent des sentences iniques et violentes, et qui chassent

i. liv. Ilf. art. 2,

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