‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 357 sur 550 · I. — NAISSANCE ET ENFANCE DU DIEU · texte numérisé non relu

I. — NAISSANCE ET ENFANCE DU DIEU

A on croire les Grecs, Dionysos était le plus jeune de tous leurs dieux*. Mais ce dernier venu de TOlympe est peut-être celui dont l'action sur le génie grec fut la plus féconde. Au sixième siècle en particulier, tout subit son influence : l'art, la poésie, la religion. Il inspire le dithyrambe; il anime ces fêtes brillantes d'où naissent le drame satyrique, la comédie, la tragédie, le théâtre tout entier, uniquement occupé, à l'origine, à chanter les louanges du dieu et à célébrer ses merveilleuses aventures. A la musique et à la danse, à la sculpture et à la peinture il communique une vie nouvelle, un mouvement passionné que l'art calme des siècles précédents semble n'avoir pas connu. Dieu envahissant, il prend place, à côté de Dèmèter et de Corè, dans les augustes Mystères d'Eleusis ; il devient le principal objet de l'adoration mystique des Orphiques, et bientôt, usurpant les attributs des plus anciennes et des plus puissantes divinités, il se confondra avec elles. Or, pour comprendre cette influence multiple de la religion dionysiaque, il est nécessaire de nous arrêter aux détails de la légende du dieu et à la critique des différents mythes dont elle se compose.

« Les anciens mythographes et les anciens poètes, écrivait Diodore de Sicile à Fépoque d'Auguste *, ne sont pas d'accord entre eux dans ce qu'ils ont rapporté sur Dionysos, et ils ont répandu sur son compte une quantité de récits merveilleux, si bien qu'il est difficile de parler clairement de la naissance du dieu et de ses actions. » La difficulté qu'éprouvait déjà la critique ancienne à démêler les traditions con-

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