Hérodote
i>. liihliotli. hisL, HI. 02. Cf. Pau.^an., X, 50, 5.
fuses OU contradictoires qui avaient cours au sujet de Dionysos s'explique par la variété des sources qui ont contribué à former la légende de ce dieu. A une époque où il pouvait être confondu avec Apollon et avec Pluton, avec Osiris et avec Sérapis, et même, comme le veut Plutarque*, avec le dieu des Juifs, il ne devait pas être facile de discerner le sens primitif d*une pareille divinité. Au sixième siècle même avant Tère chrétienne, époque où cette confusion n'existait pas encore, rien ne ressemblait moins au culte simple et populaire de Dionysos, tel que le célébraient au printemps et aux vendanges les paysans de l'Attique, que le culte extatique et mystique de ce même dieu dans les orgies du Cithéron ou au sein de TOrphisme. Dans le premier cas, Bacchus parait un dieu essentiellement grec; dans le second, son culte se rattache aux superstitions étrangères, au système des religions thraces et asiatiques dont le mélange avec les traditions particulières à la Grèce n'a pas peu contribué, sur cette question comme sur beaucoup d'autres, à compliquer les problèmes mythologiques. Le devoir de la critique est donc de chercher à distinguer et à séparer nettement les éléments divers dont s'est composée la religion de Dionysos ; et tout d'abord il convient de classer les mythes qui s'y rapportent, sinon par ordre de temps, ce qui ne paraît pas possible, au moins par ordre de provenance.
Le plus ancien témoignage que nous possédions au sujet du dieu est la légende racontée par Homère au sixième chant de V Iliade *, légende où nous voyons Dionysos persécuté et mis en fuite par Lycourgo8, dieu thrace que les Grecs avaient transformé en un roi des Édonîcns. « Le fils^deDryas lui-même, le puissant Lycourgos, ne vécut pas longtemps, lui qui luttait contre les dieux du ciel. C'est lui qui, un jour.'que Dionysos se livrait à ses transports, poursuivit les nourrices du dieu sur la montagne sacrée de Nysa. Frappées par l'aiguillon de Lycourgos le tueur d'hommes, les Nymphes laissent tomber aussitôt leurs thyrses. Dionysos épouvanté se précipite dans les flols de la mer, et Thétis le reçoit tout tremblant dans son sein. Mais, après cela, les dieux bienheureux s'irritèrent contre lui, et le fils de Cronos le priva de la vue. Sa vie devait être de courte durée; car il était détesté de tous les dieux immortels. » — D'après ce passage, il est évident qu'aux temps homériques Dionysos, qui n'a pas sa place dans l'Olympe, est un dieu ou un héros encore étranger à la Grèce ; et, malgré le caractère moral que le poète ionien donne à son récit, il est permis d'y décou-
1. Moral., 810. 1. 29 el sui?., éd., Dûbncr, colloclion Didot.