‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 359 sur 550 · Vors · texte numérisé non relu

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vrir un mythe d'une signification purement physique. Lycurgue, comme l'indique Fétymologie de son nom S c'est celui qui enferme ou qui cache la lumière; c'est l'hiver lui-même avec ses cruautés et ses rigueurs, qui, de son aiguillon meurtrier, frappe la vie et la végéta» tion de la nature * ; c'est le fils de Dryas , c'est-à-dire des montagnes couvertes de forêts de chênes, qui, des cimes neigeuses de la Thrace, se déchaîne dans la plaine, chassant devant lui le brillant soleil d'été avec toutes ses joies, et le forçant à se précipiter dans la mer, d'où il ne sortira qu'avec le printemps, alors que lui-même sera aveuglé et frappé de mort'.

Ce mythe, qui ne nous ofTre presque aucun trait du Bacchus populaire de la Grèce, nous force à conclure à l'existence très-ancienne, en Thrace, d'un culte de cette divinité : culte qui était à l'origine et qui restera toujours, dans ce pays, assez différent du culte hellénique. Malgré cette distinction, rien ne nôjus empêche d'admettre avec Otfried Mùller * que les tribus thraces qui, après avoir séjourné en Piérie et en Thessalie, vinrent se fixer en Béotie et en Phocide, apportèrent avec elles le culte de Bacchus, et que, du pied du Parnasse et des vallées de l'Hélicon, ce culte se répandit bientôt parmi toutes les tribus éoliennes de la contrée, qui l'adoptèrent, mais le transformèrent en l'adoptant. C'est de cette transformation, ou plutôt de ce mélange des traditions thraces et des traditions éoliennes sur le compte de Bacchus, que serait née la légende thébainc, qui est la légende grecque par excellence et de toutes la plus importante.

Cette légende, en effet, à l'examiner de près, renferme la conception essentielle du culte de Bacchus, qui, avant tout, est le dieu du vin; et les circonstances merveilleuses dont elle entoure la naissance et la jeunesse du dieu ne sont autre chose que les expressions mythiques des phénomènes naturels qui concourent à la croissance de la vigne et à la maturité de sou fruit. D'après cette légende, Dionysos a eu pour mère Sémélè, la fille de Cadmos : Sémélè, personnification probable de la terre '. l'époque du printemps'. Sémélè est aimée de Zeus, le dieu du cii !, qui féconde son amante, de la même manière sans doute qu'il féconde Danaè, sous la forme d'une pluie d'or, c'est-

i. En grec Auxoo/5vo5 ou Au/oîpyo^, oe la racine iux, qui exprime une idée de lumière, et de la racine e/sy, idée de limiter, et d'enfermer.

2. Inlerprélalion de Preller, Griech. Mijth., l, p. 56C, 3* édit.

3. D'après Welcker (Griechische GôUerlehre, I, 429) Dionysos et Lycurjçuc-Arcs sont une personnificahon dualiste du soleil, le premier étant le soleil d'été, le second le soleil d'hiver,

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