Hijmn. hom., XXVI, 6dit. Baumcistcr
4. Le sens des épilhèles Bacchos, laccho», qui sont non moins fréquentes, est incertain. M. Maury [Hist. liesrclig. delà Grèce, l, 119) fait remarquer, d'après Benfey, que Bacchos ressemble beaucoup à Dakc/ia, fort, épilhèle d*Agrii-Soma. Pour Curtius (Griech. Elym.^ p. 506), le sens de celle épithèlc est complètement obscur. M. F. Lenormanl (Bev. Arch., 1875, p. 43) assimile Bacchos au Hxyuloi plirygien, une des appellations de Sabasius, qui se confondait, en Phrygie et en Thrace, avec Dionysos.
chaque jour le cercle de ses conquêtes, il eut bientôt soumis le monde à son empire. Brillantes images, dont la transparence laisse facilement deviner les idées dont elles sont la poétique expression. I/enfance sauvage de Bacchus et sn tumultueuse jeunesse, qu'est-ce autre chose, en effet, que la croissance de la vigne sur les coteaux montajL^neux où, découverte et cultivée, elle se plaira toujours à grandir; que les premières et délirantes voluptés du vin; que les joies des premières vendanges, dont les fêtes bruyantes furent célébrées à la fois par tous les habitants de la montagne : pasteurs qui en gravissent les crêtes avec leurs troupeaux, laboureurs et vignerons qui en cultivent les pentes, — Satyres et Silènes qui en peuplent les forêts. Nymphes qui en l'ont jaillir les sources, ajoutaient les Grecs, confondant ainsi tous les êtres de la montagne, divins et humains, dans les transports communicatifs et dans la joie universelle que Bacchus inspire? Quant aux haines et aux amitiés du dieu, à ses voyages lointains et à son triomphe définitif, qu'est-ce autre chose encore qu'une image des singuliers effets du vin, tour à tour bienfaisant et redoutable à Thomme, une image aussi de la propagation de la vigne qui, du lieu qui fut son berceau, gagna de proche en proche les contrées voisines et finit par envahir le monde? Cette association de Bacchus avec les divinités secondaires dont les croyances populaires peuplaient les forêts et les montagnes, est un trait essentiel de son culte, non pas seulement en Béotie, oii ce culte emprunta un caractère particulier aux âpres solitudes du Cithéron, mais dans toutes les parties de la Grèce, et dans les chants de tous les poètes. Partout Bacchus nous apparaît avec sa suite et son cortège de divinités de la vie sauvage. « C'est à moi, c'est à moi qu'appartient Bromios, s'écrie un poëte lyrique; à moi de faire retentir de mes bruyants accents les montagnes où je m'élance avec les nymphes naïades* ». « Guide nos chœurs, ô divin Bacchus couronné de lierre, chante le chœur aristophanesque des femmes aux Fêtes de Cérès ; c'est à toi que s'adressent et nos hymnes et nos danses, ô Kvios, ô Bromios, ô fils de Sémêlè, ô Bacchus qui te plais à te mêler aux aimables chœurs des nymphes sur les montagnes, et (|ui répètes en dansant l'hymne saint : Évios! Évios! Autour de toi retentit l'écho du Cithéron, et tes accents font frémir les montagnes au noir feuillage, aux épais ombrages, et les rochers de la forêt* .» C'est ainsi que Bacchus est le roi divin de la nature agreste. C'est ainsi que les transports inspirés par
1. Fragmenl «l'un liyporchcinc dii Pralinas [Lijr. (h\, Ilcrgk, p. i'218).
2. Arislopli., Thcamoph., 9S7 et suiv. De mémo An.icréoii (ap. Mo.Cluys. OraL» II, 35,) qui au cortôge agreste (le Dionysos ajoute Èros el Apliiuilile.
lui à ses plus anciens cidorateurs, aux habilants des solitudes monta- «^nieuses qui avaienl les premiers goùlé sa liqueur, par un remarquable ctïet de rimaginalion populaire, s'étaient communiqués à toute ia nature sauvage qui en avait été le premier théâtre, à cette nalure divine, vivante et passionnée, où les arbres de la forêt, les sources et même les rochers de la montagne, semblaient prendre part aux plaisirs des hommes et entraient avec eux en joie, en mouvement et en danse.