‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 367 sur 550 · Vers · texte numérisé non relu

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l'enceinte sacrée, au fond du sanctuaire, l'épouse de l'archonlc-roi, assistée de quatorze femmes vénérables *, offrait au dieu un sacrifice solennel, conformément à un rituel fixé par une loi qui était gravée dans le temple même sur une plaque de marbre*. Quel était le sens de ce sacrifice? Nous ne saurions le préciser en l'absence de textes concluants. Mais ce sacrifice était accompagné d'une cérémonie d'un caractère symbolique et qui est assez significative : c'étaient les fiançailles de la femme de l'archonte-roi avec Dionysos. Les mythologues se sont demandé quelle était la déesse que représentait en celte circonstance la femme de l'archonte. Les uns ont cru voir dans cette cérémonie une image de l'union mythique de Dionysos avec Ariane : hypothèse peu vraisemblable, car Ariane, dont le mythe est originaire de Crète, ne s'est introduite qu'assez tard, et à titre de divinité étrangère, dans le culte attique. Welcker veut y reconnaître le mariage de Dionysos et de Corè, si souvent associés dans la religion des Mystères. Mais rien ne prouve que la doctrine des Mystères se soit confondue jamais avec les rites dionysiaques du second jour des Anlhestèries ; et, malgré l'autorité de Welcker, je croirais volontiers que les fiançailles de la femme de l'archonte-roi avec Dionysos n'avaient pas une signification mythique, mais un sens à la fois politique et religieux. On sait qu'à Athènes, rarchonte-roi avait dans ses attributions tout ce qui concernait le culte et la religion de l'État : sa femme, qui aux Antheslèries jouait le rôle de prétresse du dieu, participait à la dignité et ri l'autorité de son époux : elle devenait l'image vivante d'Athènes offrant un sacrifice au dieu. Quand cette femme s'unissait symboliquement à Dionysos, c'était donc l'État lui-même, c'était Athènes qui, en sa personne, faisait alliance avec le dieu de la germination printanière, liant, pour ainsi dire, ce dieu à la fortune du pays, et le forçant de répandre ses dons et ses plus brillantes faveurs sur les campagnes de rAttif|ue'. C'est ainsi que, dans les temps modernes, les doges de Venise jetaient l'anneau des fiançailles au sein de l'Adriatique, leur symbolique épouse, pour exprimer l'intime union de la république vénitienne avec les mers et leur empire.

Le troisième jour des Anthestèries était consacré à un usage religieux, sur lequel nous n'avons qu'un petit nombre de renseignements

i. Ces 14 femmes, qu'on nppclnil ytpxficiLi^ correspondaient aux 14 autels de Dionysos. Voir Ehjm. M. V. yspxpai. Cf. Pollux. VIII, lOH. Elles prêtaient le serment suivant dont le Discours confie fiétvrn nous n conservé le texte (§ 78) : WytîTîvw xat ùfiï xaô«pà /al àyvjg

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