Cf. Prciler, Griccli. Mijthul., I, p
Ik
et des renscignemenls peu précis*, mais qui semble nous montrer encore dans Dionysos une divinité terrestre de la production. On enfermait dans des pots ou marmites en terre, qui donnaient leur nom (X'jTpsi) à cette partie de la fête, des semences de toute espèce; on les y faisait bouillir et on les offrait ensuite à deux divinités seulement : Dionysos et Hermès*. 11 s'agit ici de Tllermès chthonicn, du conducteur des âmes dans Tempire des morts : cette offrande semble donc s'adresser à des divinités terrestres et infernales. En même temps, la nature de cette offrande ne fait-elle pas allusion à Tidée de la vie qui, à cette époque de Tannée, semble sortir des profondeurs de la terre pour s'épanouir à sa surface? N'était-ce pas l'heure, en effet, où les semences déposées dans le sol à l'enlrée de l'hiver commençaient à germer, où l'on voyait poindre la végétation neuve et brillante, où la vie renaissait de la mort, où Perséplione, disait-on, remontait du ténébreux séjour à la région de la lumière, et où les âmes des morts l'accompagnaient au monde d'en haut pour venir y recevoir les offrandes que leur consacraient la pieuse affection et les fidèles souvenirs des vivants? A ces idées s'associait naturellement le nom de Dionysos, du dieu printanicr, du dieu fleuri (£ÙavÔY);),qui, lui aussi, semblait émerger des profondes ténèbres pour apparaître à la surface de la ten'C, paré de tout l'éclat et de toutes les grâces de la saison nouvelle. Il est, en effet, le dieu chthonien que les monuments représentent quelquefois sortant du sol, qu'il dépasse de la tête et de la poitrine, tandis que la partie inférieure de son corps y est engagéc^
C'est encore la fête du printemps qu'on célébrait à Athènes, un mois seulement après les Anthestèries, dans les grandes Dionysies ou Dionysies urbaines, comme on les appelait, pour les distinguer des Diooysies champêtres. De toutes les fêtes de Bacchus, celle-ci était la moins ancienne, mais c'était la plus brillante. Le moment de son vif éclat correspond à l'époque de la plus grande puissance politique d'Athènes, du plus magnifique développement de ses arts et de sa littéra-
1. Nuus devons surtout ces renseiguements au scholiastc d'Aristophane (Acham., 9&1, 107G; lUin.f 218) qui ropporle successivement à ce sujet, mais avec quelque confusion, Jcs témoignages de Théopompe, d'Âpollodorc, et de Didynie.