Tluogon
dépouillés momentanément de leur divinité et condamnés à une mort temporaire pour avoir enfreint la loi du serment, quel doit être le ciiàtiment des hommes parjures ! L'exécution de ce châtiment est conPiée par Zeus à des divinités spéciales, les Érinnyes, qui, pendant la vie du coupable, s'acharnent à sa poursuite pour l'accabler de mille douleurs et le torturer par l'aiguillon du remords; qui, après sa mort, lui infligent dans les enfers de cruels supplices, et qui poursuivent la réparation de la faute commise jusque sur la personne de ses descendants. La religion de Jupiter imprimait donc fortement dans les âmes le respect de la parole jurée et sauvegardait ainsi la société humaine.
C'est encore elle qui fortifiait chez les hommes un lien puissant : celui de Phospitalité. Zeus est le dieu Xénios. L'hospitalité à laquelle il préside ne désigne pas seulement ces relations qui unissaient, à travers plusieurs générations, des familles séparées par la distance : elle a un sens plus général et plus noble. L'hospitalité de Zeus se doit à tous sans exception : aux inconnus, aux pauvres même et aux mendiants. « C'est de la part de Zeus que viennent tous les étrangers et tous les pauvres*. » — « Si j'ai pitié de ta' misère, dit Eumée à Ulysse qu'il ne reconnaît pas, c'est parce que je redoute Jupiter hospitalier'. » Le voyageur indigent est accompagné et guidé dans sa route par Jupiter lui-même qui se fait son vengeur, si sa misère est outragée. Le pauvre n'est pas seulement respectable, il est sacré ; car les dieux eux-mêmes , quand ils descendent sur la terre, revêtent quelquefois les haillons du mendiant, pour mieux sonder le cœur des hommes.
L'action de Zeus ne s'étend pas seulement à la société ; elle pénètre dans le cœur et dans la conscience de chaque homme. L'existence du mal moral, avec les conséquences qu'il entraîne, avait provoqué les Grecs à la réflexion. Ils n'avaient pu s'expliquer le désordre dans l'homme, quand la nature s'offrait à eux si bien ordonnée. Mais ils avaient vu justement que le mal moral est presque toujours une suite de l'ignorance, qu'il provient de l'aveuglement et de l'égarement de l'esprit. Cet égarement se personnifie pour eux dans une divinité d'un caractère allégorique, qui s'appelle Aie, Âtè, c'est à la fois le trouble qui s'empare de Tesprit de Thomme au moment où il va commettre la faute, l'entraînement aveugle qui le pousse à la commettre, et les conséquences funestes qui en résultent. Atè est une sorte de mauvais génie, actif, vigilant, infatigable, « qui ne touche pas le sol, dit llo-