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Athènes. Thésée exécute sans retard Tordre de la déesse. Ariane abandonnée pousse des cris de désespoir* ; mais Aphrodite s'approche d'elle et réussit à la consoler; car bientôt Ariane devient Tépouse de Dionysos qui, en s'unissant à elle, lui fait don d'une magnlGque couronne d'or. » La légende était déjà arrêtée dans ses traits principaux; mais les poêles et les artistes allaient s'en emparer pour la modeler, pour lui donner la forme et la vie de l'art; et de ce travail sortit la vraie légende d'Ariane, j'entends la plus poétique, celle qui était déjà le sujet d'une des peintures du vieux temple de Bacchus à Athènes*, et que reproduisirent à l'envi, avec mille variantes de détail, mais toujours avec le même charme, les bas-reliefs, les vases peints et les gemmes'. Le plus souvent on y voit Ariane endormie sur le rivage de Naxos, tandis que le vaisseau de Thésée fuit à pleines voiles. La déesse a la têle, les bras et la poitrine nues ; son beau corps est adossé contre un rocher; sa tête repose sur son bras gauche, tandis que le bras droit se replie gracieusement au-dessus d'elle et forme comme un encadrement à sa figure. A quelque distance se tient Bacchus, qui vient d'apercevoir Ariane et qui la contemple, immobile, dans un saisissement de plaisir et d'admiration ; les Satyres et les Bacchantes qui le suivent semblent prendre part à l'émotion voluptueuse du dieu (lig. 120). Quelquefois Dionysos et Ariane sont assis tous deux sous un vaste cep de vigne : le dieu tient le thyrse d'une main; de l'autre il présente une'coupe à Ariane, tandis que TAmour vole au devant d'eux, avec la bandelette, symbole erotique (fig. 121). Quelquefois enfin, c'est le cortège nuptial de Dionysos et d Ariane qui se déroule tout entier devant nous, non seulement avec les Bacchantes, les Satyres, Pan et Silène qui composent la suite ordinaire du dieu, mais avec Aphrodite, Hyménée, Eros, avec toutes les séduisantes images de la volupté*.
Quelle estdonc cette divinité dont l'union avec Dionysos est si intime? Si nous consultons l'étymologie, le nom d'Ariane éveille avant tout l'idée de la grâce et de la joie, et il est difficile d'y voir autre chose qu'une personnification de la nature printanière*. Aux temps homé-
1. CeUe situation a inspiré de beaux vers à Catulle [Epithal. de Thélis et de Pélêe, V. 52-75).
3. Ces monuments sont énumérés par 0. Jahn, Arch. Beitrâge^ p. 251-300. CI". Mûllei- VVieseler, Denkmàler der alten Kumt, n°* 417-422.