Mûller-Wiescler, ibid., n
5. Preller, se fondant sur une glose dllôsychius (à^vdv = àyvdv) considère *Aeiâovi} comme équivalent à 'Apiâyv/j. Mais il est plus simple d'expliquer la seconde partie du mol par la racine «^, d'où àv^-âvw, ;^5-ovï5, etc. Donc 'A/&cat5y>î = Eùaov>j. Cl'. 'A/&i»îoa, sur un
*M HTTIIOl.OGIE DE l.A GltÈCE ANTIQUE.
riques, on montrait en Crète, dans la ville de Cnosse, un has-rdicf
archaïque, attribue à l'artiste primitif Dédale, et qui représentait un
chœur en l'honneur d'Ariane '; ce chœur était exclusivement composé de jeunes garçons et de jeunes filles, comme c'était l'ordinaire pour les
Fit(. m. -nionyiotel Aiiane.
fêtes religieuses qui célébraient en Grèce l'arrivée du prinlcmps. Maïs l'introduction de Thésée dans le mythe d'Arinnc paraît en avoir altéré
Tlte peint (Otl, Jalm. YairnbUiler . Inl). 21. En Crètp. à*\irts Hi'sychiui, rllf porUil le ntmi d'Asiïij Ja lui éreille une îdn; dVdat et coDvifnt luaii k une diiinilé du prinlempi. 1. JJiorf., XVIII. 590.
la simplicité primitive. Ariane a dès lors un double caractère et se présente sous deux faces. Les diverses légendes qui la concernent offrent toutes les mêmes oppositions : Ariane meurt sur la terre et elle revit dans le ciel; elle s'endort et elle se réveille; elle est l'amante désespérée de Thésée et Tamante exaltée de Dionysos. Aussi, à Naxos, distinguait-on deux Ariane : celle qui était morte dans cette ile, abandonnée par le héros athénien; celle que Dionysos avait épousée, et qui de cette union avait donné le jour à Staphylos'. Les fêtes de Tune étaient des fêles de tristesse et de deuil; les fêtes de Tautresc célébraient par des jeux et par des cris de joie, et l'on y enlendait retentir, en l'honneur d'Ariane et de son époux, comme dans les oschophories athéniennes', le chant du printemps, lejoyeux dithyrambe dont Naxos, au témoignage de Pindare, revendiquait l'invention^. Ces contrastes de la destinée d'Ariane, exprimés par le double caractère de ses fêtes, qu'est-ce autre chose que les contrastes mêmes de la nature végétative, qui s'endort et meurt pendant la saison d'hiver pour se réveiller au printemps et pour s'y épanouir dans la joie et dans l'exubérance d'une vie nouvelle ? Sous ce rapport, le mythe d'Ariane offre donc une remarquable analogie avec le mythe de Coré; et, comme nous le verrons, le culte de Bacchus lui-même présente, à une certaine époque, les mêmes oppositions et les mêmes contrastes.
C'est également à Naxos ou tout au moins dans les iles de la mer Egée, que se forma la tradition d'une des aventures les plus merveilleuses de la vie de Bacchus : celle de son enlèvement par des pirates tyrrhéniens, de la victoire qu'il remporte sur eux et des prodiges qui accompagnent son triomphe. Le récit de cette aventure nous est heureusement parvenu dans un des plus courts, mais des plus remarquables des hymnes homériques. Une analyse risquerait d*enlever à ce morceau original, souvent imité, une partie de son charme et de sa grâce simple. 11 faut essayer de le traduire^.
a En chantant Dionysos, le fils de la glorieuse Sémélè, je rappellerai comment un jour, sur le bord de la mer inépuisable, à l'extrémité saillante d'un promontoire, il apparut, semblable à un adolescent, dans la fleur de la jeunesse : sa belle chevelure noire flottait tout entière sur ses fortes épaules que revêtait un manteau de pourpre. Soudain,
i. Plut., va. Thés., cap. xx.
'2. Dans ces fôtcs, une procession de jeunes gens portant des ceps de vijjnc charjrrs de grappes (wax^O *c rendait du Ltrntcon au sanctuaire d'Athêna Skiras à Plialôrc (IMul., Thés., 23).