‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 375 sur 550 · Atlien.^ XI, p. 47G · texte numérisé non relu

Atlien.^ XI, p. 47G

432 MYTHOLOGIE DE LA GtlÈGE ANTIQUE.

probablement qu'une image du dieu lui-mêrac*. Ces symboles d'ailleurs appartiennent plutôt à Fart asiatique qu*à l'art grec. Ainsi nous touchons à la question de Tinlluence de l'Asie sur la religion de Bacchus : influence qui en a altéré le caractère simple, qui y a introduit un élément mystique, extatique, dont on doit surtout étudier les effets dans les Orgies du Cithéron et dans la doctrine des Orphiques.

lY. — INFLUENCE DE L'ASIE SUR LA RELIGION DE BACCHUS.

« C'est Dionysos, dit Pausanias, qui a le premier conduit une expédition contre les Indiens ; il est le premier qui ait jeté un pont sur TEuphrale... et l'on montre encore aujourd'hui le câble qui lui a servi à unir les deux rives du fleuve; ce câble est tissu de sarments de vigne et de rameaux de lierre *. » Les mylhographes, qui insérèrent cette fable dans leurs recueils d'histoires divines, ajoutaient que Nysa, la patrie du dieu, était située, non pas en Grèce, mais dans l'Inde. Arrien et Quinte Curce essayaient d'expliquer la naissance merveilleuse de Dionysos sorti de la cuisse de Zeus, en disant qu'il était né sur le mont indien Mérou (de [fXfpo^, cuisse). Ces fables, si on les prenait à la lettre, pourrdient faire croire à un Bacchus indien, qui n'a jamais existé que dans l'imagination grecque et dont la légende s'est formée assez tard '. Cette légende est, en effet, postérieure à l'expédition d'Alexandre en Asie, et, au témoignage de Strabon, ce furent les flatteurs du roi de Macédoine qui l'inventèrent. Dans sa course triomphale à travers l'Asie, le (ils d'Ammon aimait à s'entendre comparer aux conquérants mythiques, dont les traditions religieuses des pays qu'il soumettait en passant racontaient les expéditions merveilleuses. En Egypte, Alexandre était un nouvel Osiris ou un nouveau Sésostris ; en Perse, c'était sans doute un nouvel Ormuzd ; en Asie Mineure, c'était un autre Dionysos, et quand Alexandre fut arrivé sur les bords de l'Indus, on compléta l'assimilation du héros macédonien avec Bacchus, en disant que le dieu avait autrefois, lui aussi, soumis l'Inde à son empire. Cette fable singulièrement flatteuse, comme [le remarque Arrien *, pour Alexandre et pour son

1. Plin., Hist. nat.y VIII, 21. Le dieu s'appelait Aiôvuto; xsy^Yjvdtç.

Page 1