‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 376 sur 550 · Pausan., X · texte numérisé non relu

Pausan., X

5. M. F. Lenormant (art. Bacchus du Dicl. Arvhéol., de MM. Darembei'g et Saglio) fuit remarquer cependant que la donnée première des conquùles ot des triomphes de Bacchus a dû être empruntée aux légendes lydiennes sur Uassarcut^ identifié par les Grecs avec Dionysos.

k' Anab., V, 1,2, 3.

entourage, ne reposait que sur de très-légères ressemblances entre le Dionysos grec et le dieu indien Siva ; mais comme elle se mêla à la légende d'Alexandre, elle fil avec elle rapidement son chemin; et si des esprits sérieux tels qu'Ératosthène et Strabon * n'y ajoutaient aucune foi, un voyageur grec du nom de Mégasthèncs, qui parcourut une partie de rinde au temps de Séleucus Nicator, séduit sans doute parles mêmes analogies trompeuses qui avaient abusé Hérodote voyageant en Égyple, prétendait avoir trouvé dans Tlnde la tradition des expéditions victotorieuses de Dionysos. Plus tard, quand les Romains portèrent leurs armes en Asie, ils y rencontrèrent cette même tradition, dont leur orgueil tira prolit; car, à partir de cette époque, les artistes qu'ils empruntaient à la Grèce sculptèrent sur les sarcophages le triomphe du Bacchus Indien ; image idéale du triomphe de Rome sur les populations asiatiques et de ses lointaines conquêtes.

S'il faut renoncer à l'idée d'un Bacchns indien dont le culte se serait propagé d'orient en occident, à travers le continent asiatique, jusqu'en Grèce, il est incontestable que dès le sixième siècle, peut-être avant, l'Asie Mineure, et en particulier la Lydie et la Phrygie, exercèrent sur le culte du Dionysos hellénique une inQuence qui en modifia profondément le caractère. Eschyle, qui avait choisi une aventure du cycle dionysiaque pour sujet d'une de ses trilogies aujourd'hui perdue, place naturellement en Thrace la scène de sa Lycurgie ; mais à voir les courts fragments qui nous ont été conservés de la tragédie des Èdoniens, il est évident que ce n'est pas la Thrace, mais l'Asie, avec ses cultes orgiasliques, qui vient de faire invasion en Grèce. On entend, en effet, retentir dans les vers sonores d'Eschyle l'écho d'une bacchanale barbare ; ce sont à la fois les accents passionnés des flûtes « dont les voix excitent au délire », les frémissements des cymbales d'airain, les cris vibrants poussés par le cortège enthousiaste du dieu, « d'effroyables mugissements de taureau sortis d'endroits mystérieux » et les roulements du tympanum phrygien que le poëte compare aux grondements formidables d'un tonnerre souterrain*.

Le dieu qui inspire ces tumultueux transports n'est plus le dieu mâle des vignerons de TAttique. 11 a changé de forme et de nature. C'est un adolescent aux joues imberbes, au teint délicat, à la figure virginale qu'encadrent les boucles flottantes d'une blonde chevelure. A voir sa longue robe, sa molle et traînante démarche, sa giàce efféminée, on hésite à lui attribuer la nature masculine. C'est qu'en effet le génie

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