DIVINITÉS AGRESTES. — SATYRES
dique sullisammcnt, ne sont autre chose que les eaux courantes. D'après l'auteur de Tliymue homérique à Aphrodite *, les Silènes s'unissent d'amour aux Nymphes du mont Ida, c'est-à-dire aux sources qui jaillissent de celte montagne. Dans lesjeprésentations de Tart grec, en particulier sur les vases peints, les Silènes ont souvent la queue, les sabots et même les oreilles du cheval, symbole des eaux*.
Ce qui achève de démontrer leur caractère de divinités fluviales, c'est leur parenté avec Marsyas, qui n'est lui-même qu'un Silène. On connaît le mythe célèbre d'après lequel Marsyas, habile joueur de flûte
Fig. 130. — Satyre ivre du musée de Naplcs.
primilif, voulut rivaliser avec Apollon, dieu de la cithare ; on sait comment il fut vaincu, et, en punition de son orgueil, écorché par le dieu qui suspendit ses dépouilles à un tronc d'arbre. Cette fable, à laquelle les poètes et les artistes grecs donnèrent d'ingénieux développements et où s'exprimait sans doute la supériorité de la musique grecque sur la musique asiatique, avait son origine en Phrygie; on montrait à Célœnaî la caverne où avait été suspendue la peau du Silène. De cette caverne s'échappaient les sources d'une rivière qui portait le nom de Marsyas. Ce Silène n'était donc qu'un cours d'eau divinisé, comme le Méandre dans lequel il se jette. « Les Phrygiens de Célseme, dit Pausanias, pré-