‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 385 sur 550 · V(;rs 2G · texte numérisé non relu

V(;rs 2G

2 Voir Welcker, ^/te /)e/iA//m/er, t. HI, 149rl5U.

tendent que le fleuve qui traverse leur ville était autrefois le célèbre joueur de fliite Marsyas, et c'est à lui qu'ils attribuent l'invention des airs consacrés à la Mère des dieux; ils ajoutent qu'ils ont jadis repoussé une incursion des Galatos, grâce au secours de Marsyas, qui a écarté los barbares et par les flots de ses eaux et par le son de ses flûtes ^ » Ces derniers mots de Pausanias expriment nettement le rapport d'idées qui fait de Marsyas à la fois un génie fluvial et une divinité de la musique. Chrz les populations primitives de la Grèce et de TAsie, le sentiment musical s'était probablement éveillé a 1 harmonie naturollo des fleuves et des torrents. Aussi des divinités qui n'étaient à Torigine que des génies des eaux, telles que les Sirènes et les Muses, eurent-elles plus tani un caractère musical. Il ne faut donc pas s'étonnerde voir le Silène Marsyas, le dieu-fleuve, transformé en un joueur de flûte qui, d'ordinaire, sur les représentations figurées, enseigne les secrets de son art à un bel adolescent. Cet adolescent, Olympos, personnifiait vraisemblablement les populations qui habitaient au pied de TOlympe mysicn et de TOlympe bithynien, chaîne qui limite la Phrygie au nord, et dont le Dindyme, la montagne sacrée de Cybèle, est une ramification.

Génie musical des eaux, Silène doit à sa nature fluviale un caractère de sagesse surhumaine et d'inspiration prophétique. Pour l'imagination grecque, les sources sont des émanations de la terre, dont le sein recèle les grandes lois du monde et la science de l'avenir; les divinités qui se jouent dans leurs eaux ont donc un caractère inspiré et fatidique. On disait en Phrygie que Silène, surpris et enchaîné par le roi Midas, avait laissé échapper de sa bouche les oracles d*une sagesse mystérieuse, qu'il avait révélé au roi le secret de la vie humaine. Aristote, recueillant cette tradition, ajoutait qu'un jour Midas ayant pressé Silène de lui dire ce cju'il peut y avoir de plus heureux pour les mortels, celui-ci garda longtemps un silence obstiné, et qu^enfin, sur les instances du roi, il prononça les paroles suivaiitcs: a 0 vous, enfants d'une race condamnée à la peine et à de rudes épreuves, pourquoi me forcez-vous de dire ce^ qu'il vaudrait mieux pour vous ne pas savoir? car c'est pour ceux qui ignorent leurs maux que la vie a le moins de chagrin. De toutes choses, la meilleure pour l'homme ce n'est pas de vivre, ni de participer à une excellente nnture; ce qu'il y a de meilleur pour tous et pour toutes, c'est de ne pas naître. Après cela cependant, mais en second lieu seulement, c'est, une fois nés, de mourir le plus tôt possible. * d Ces pensées désolées, dont la

Page 1