Pindare, Pjfth., X
VTTilOLOGlE. 29
4MI UÏTItOLOGlE DE LA (iHËCE ANTIUIIB.
fut, lui aussi, travesti en un personnage ridicule. Sans doute les Grecs se souvenaient quelquefois du caractère primitif de Silène et de cette divine sagesse que lui attribuaient les légendes phrygiennes. Dans le Banquet de Platon, par eiemple, Atcibiade ne croit faire aucune injure à son maître Socrale en le comparant au Silène Marsyas. Marsyas, dit-il, était un musicien inspiré qui, par l'harmonie de sa flûte, enchantait Ioj oreilles et les âmes des hommes ; les airs qu'il avait composés et enseignés à son élève Olympos se sontconservés jusqu'à nous, et ils ont vraiment un caractère divin. Or, Socrale produit sur ceux qui l'écoulenl la même impression que la musique de Marsyas ; avec cette différence qu'il n'a besoin pour cela d'aucun instrument; les paroles lui suflisent. Dans ce même dialogue, Alcibiade compare encore Socrate à ces images de Silènes, sculptées sur les coffretsqu'ou vcndaitdans les boutiques des sculpteurs athéniens. Quand on ouvrait ces boîtes d'apparence grossière, on trouvait au dedans de belles statuettes de dieux. De même Socrate a tout l'cxléricur d'un Silène, mais ce n'est là que l'enveloppe de l'homme; ouvrez-le, pénétreï jusqu'à son âme, vous la trouverez remplie d'une merveilleuse sagesse.
La laideur expressive de Socrate, son masque silènique, recouvrait tous les trésors d'uqc âme divine *. Ainsi Platon n'avait pas oublié le caractère grave et inspiré du Silène phrygien.
Mais aussitôt que ce personnage eut été mêlé à la troupe folâtre des compagnons de Baccbus, il changea de caractère. Quand les poètes et leii artistes grecs veulent le traiter sérieusement, ils en font le père nourricier (fig. iôi), le précepteur, le lidèlo compagnon et ami de Bacchus, et alors ils le représentent sous tes traits d'un vieillard à l'ex-