‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 388 sur 550 · l'ifii , (kutftii., |).îlù,aiu,ti;.'J2l-'i'Ja · texte numérisé non relu

l'ifii , (kutftii., |).îlù,aiu,ti;.'J2l-'i'Ja

IUVISITÉS AUnESTRS. — SILÈNES. 451

pi-ession gi-avc'ct paternelle'. Maïs le Silène populaire est un personnage franclifinent grotesque. C'esl un gros homme trapu et ventru (lig. 152). au crâne chauve, au corps velu, et qui est toujours ivre.

Tantôt il est étendu sur le sol à côté de l'oulrc de vin dont il est inséparahlc ; tantôt il marche, en titubant, avec la troupe des serviteurs de Bacclius; le plus souvent, c'est monté sur un âne qu'il suit le cortège de son seigneur et maître, et encore a-t-il hesoin de s'appuyer sur les Satyres pour ne pas tomber de sa monture. Quelquefois on le représentait avec une queue de cheval, rout velu, entièrement animalisé, et alors on l'appelait Pappo-Sitène, du mot phrygien pappas (père, maître) que les populationsde l'Asie Mineure appliquaient comme épi- Ihète à quelques-uns de leurs plus grands dieux, à Attis en particulier.

En un mot, la fantaisie des Grecs se jouait cri toute liberté autour de ce Pi?, ai. — sii«ne iire.

dieu phrygien, que son antique et

vénérable origine n'avait pu défendre contre les saillies de leur humour bouffonne.

C'est également au cortège asiatique de Bacclius qu'il faut rattacher un autre dieu qui parait étranger à la Grèce primitive : Priape. L'existence de Priape, comme ie remnrque Slrabon', était inconnue à Hésiode, et ce dieu ne parait jamais avoir joui d'une grande faveur auprès des populations du la Grèce propre. Pausanias, parmi les milliers d'images divines qu'il énumèrc ou qu'il décrit, ne cite qu'une statue de Priape qu'il avait vue dans l'Ilélicon '. Le culte de ce dieu s'est, en elfct, localisé sur les bords de riiellospont et de la Proponlide, dans les villes de Lampsaque, de Parion, de Priapos et de Cyzique. C'esl de là qu'il se répandit à Lesbos et à Thasos d'abord, plus tard en Grèce et siiilout en Italie.

15 les Ih-nkmalcr lier tiUrii Kiiiil:

Dans le pays qui fut son berceau, il était intimement associe à Bacchus. Â Lampsaque, le nom de Priape n'était considéré que comme un surnom de Dionysos ^ Ordinairement il est désigné comme le fils de Dionysos et d'une Nymphe, ou encore comme le fils de Dionysos et d'Aphrodite*. Priape exprime en effet, comme Bacchus dans son sens le plus général, l'énergie productive de là nature, mais il y ajoute Tidée de la production et de la génération au moyen de Tamour. Aussi est-il parent d'Éros, non pas de ce dieu idéalisé par Tart et la poésie, mais d'Éros dans son sens physique, d'Éros force primitive du monde, qui, à rorigine,enrapprochant et en uïiissant tous les êtres, a assuré la perpétuité des espèces. Priape personniRe donc spécialement la puissance de fécondation de la nature végétale, de la nature animale surtout : c'est pourquoi il est ithyphallique comme Pan et comme Hermès Nomios. Son domaine, ce sont les terrains humides où croît une exubérante végétation, les vergers et les jardins dont les fruits étaient placés sous la protection de son obscène image. 11 préside en même temps à la propagation de certains animaux utiles tels que les chèvres et les moutons, et a la culture des abeilles. Le dieu de l'Hellespont ne s'est d^ailleurs introduit en Grèce que pour y acquérir un sens moins grossier : dans les mystères dionysiaques, Priape fut un symbole de la puissance fécondante de la nature, inépuisable dans ses créations et ses transformations diverses, et qui de la destruction des êtres fait sans cesse renaître la vie d'êtres nouveaux. C'est sans doute dans ce sens qu'on trouve quelquefois l'image de Priape sur les tombeaux*.

Aux dieux secondaires que Bacchus entraîne dans son mouvement et dans sa marche, se mêlent une foule de petits génies qui n'ont jamais eu de place dans le culte ou dans les croyances, qui vivent pourtant sur la plupart des monuments de l'art grec appartenant au cycle dionysiaque : essaim multiple, varié, illimité comme la fantaisie qui lui a donné naissance. Toutes les idées qui se rattachent à la vigne et aux vendanges, tous les plaisirs de la table et du vin, toutes les variétés du chant et de la musique bachiques, toutes les folies d'une troupe enivrée deviennent des personnes distinctes et revêlent un corps; un corps léger, rapide en ses mouvements, gracieux dans ses plus violentes attitudes, que d'habiles et obscurs artistes ont, d'un trait et d'un coup de pinceau, fixé sur les vases peints. De tous ces enfants du caprice artistique, le premier, c'est Ampélos^ qui a eu d'ailleurs sa légende* et sa

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