‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 396 sur 550 · De defect, orac · texte numérisé non relu

De defect, orac

la belle vierge ^ De son union avec le dieu, Cyrène eut un fils, qui, à sa naissance, fut confié par Hermès aux soins des Nymphes et de Gîcn. Nourri d'ambroisie par ces déesses, Tenfant devint immortel : il grandit en Thessalie, au pied de TOthrys, sur les bords de TApidanos, au milieu des troupeaux dont il avait la garde. De Thessalie, il était venu en Béolie, où il avait épousé Autonoè, fille de Cadmos, où il était le père d'Âct^eon; et de la Béotie dans les Cyclades, surtout à Céos, où nous l'avons vu conjurer les ardeurs de la Canicule*. D'après un autre itinéraire, Aristée avait passé de Libye en Sicile et en Sardaigne pour y enseigner aux hommes tous les travaux champêtres^. En Thrace, on racontait son amour pour Eurydice, qui, en fuyant devant lui, avait péri de la morsure d'un serpent*, et Ton disait qu'il avait disparu un jour de la vue des hommes sur le mont Hsemos'. Fils d'Apollon, dont il possède l'art médical et la science prophétique', dieu pasteur comme son père, poursuivant comme lui la belle Aurore (Eurydice), Aristée, V excellent, personnifie l'action bienfaisante qu'exerce sur la terre le soleil du printemps et de Tété. Il présidait à l'élève des troupeaux, à la chasse, à l'éducation des abeilles, à l'art de cailler le lait, à la plantation des arbres, à celle de la vigne et de l'olivier. En un mot, il était le bon génie de la campagne cultivée.

Quelques-uns des traits d'Aristée se retrouvent dans le personnage de Daphnis, le jeune berger si populaire en Sicile, où la poésie pastorale, dont il avait été, dit-on, l'inventeur, chantait son heureuse vie et pleurait sa triste fin. Fils d'Hermès et d'une nymphe, né non loin d'Enna, aux pieds de la riante chaîne des monts Héréens, il avait été à sa naissance exposé par sa mère, au fond d'une délicieuse vallée, sous un bois de lauriers : de là, disait-on, son nom deDaphnis, et la faveur dont il fut l'objet de la part d'Apollon. Les vierges divines de la montagne avaient élevé son enfance, et bientôt il était devenu un pâtre ; le plus beau de tous les pâtres siciliens, préposé à la garde d'un magnifique troupeau. Cependant une nymphe s'était éprise de Daphnis : c'était Lykè (la lumineuse). Elle obtint de lui la promesse qu'il ne connaîtrait jamais d'autre amour que le sien, menaçant de le rendre aveugle s'il manquait à sa parole. Pendant longtemps, Daphnis sut résister aux

1. Pind., Pijtk., IX, 111, sqq., et Schol. Cette fabie, comme l'a établi Otf. Mfillcr. exprime In fondation de Cyrène sur les côtes de Libye par une colonie de Minyens, originaires de Tiiessalie, et partis sous les auspices d'Apollon.

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