‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 402 sur 550 · I. Pnusnn., IV · texte numérisé non relu

I. Pnusnn., IV

du général, furent reçues au Pirée par une foule pieuse et recueillie qui les escorta en grande pompe jusqu'au monument qui leur était destinée Comment les Grecs n'eussent-ils pas rendu un culte à ces saintes reliques, dont la possession était pour les cités un gage de salut', et dont on connaissait d'ailleurs les merveilleuses vertus? Une sécheresse, une guerre, une épidémie, tout fléau envoyé par la colère des dieux pouvait être détourné et conjuré par elles. Les Orchoménicns de Béotie, raconte Pausanias, étant décimés par la peste, allèrent consulter l'oracle de Delphes; la réponse delà Pythie fut que les ossements d^Hésiode devaient être rapportés du territoire de Naupacte où ils étaient dans celui d'Orchomène ; à cette condition seule, les Orchoméniens seraient sauvés. Le territoire de la même ville, à une autre époque de son histoire, était hanté par un spectre malfaisant qui ravageait le sol et détruisait les moissons : sur Tavis de l'oracle, on se mit à la recherche des restes du héros Actaïon; on leur donna la sépulture; on institua des sacrifices et des fêtes funèbres en son honneur : la mauvaise influence fut ainsi conjurée'. L'énumér^tion de tous les miracles opérés par les rehques des héros serait longue : l'histoire des superstitions grecques en est remplie.

Le culte des héros ayant un caractère essentiellement local, il devait arriver que la lutte de deux peuples, de deux villes en guerre Tune contre l'autre, mît aux prises les influences rivalesdedeux ou plusieurs l^éros appartenant à des cités difTérentcs. Hérodote raconte à ce sujet une curieuse histoire. Clisthène, tyran de Sicyone, faisant la guerre aux Argiens, voulut s'assurer l'appui efficace d'un héros. Adraste, qui avait un sanctuaire à Sicyone, ne pouvait qu'être hostile à cette ville, puisqu'il était originaire d'Argos. Clisthène imagina donc de chasser le héros argien de son sanctuaire; mais, avant de mettre ce dessein à exécution, il en demanda l'autorisation à Delphes. Cette autorisation lui ayant été refusée, il ne se tint pas pour battu : il envoya chercher à Thèbes Pimagë du héros Mélanippe qui, pendant sa vie, avait été l'ennemi acharné d'Adrasle, et il lui consacra une chapelle dans le prytanée de Sicyone. Mélanippe fut plus fort que son rival, et la victoire resta à Clisthène\ « Ainsi, remarque à ce propos M. Alfred Maury, cette rivalité que l'on retrouve au moyen âge entre des villes pour leurs saints, leurs patrons, s'était produite longtemps auparavant

1. l'iut., Vit. Thes.f cap. xxxvi ; Vit, Cim., 8; l*ausan., HI, 3, V.

2. Voir les traditions athéniennes au sujet des ossements d'Œdipc (Sopli., Œd. Col-t 92 ; 1514).

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