‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 404 sur 550 · Herod., VI, 38. Thucvd., V, II · texte numérisé non relu

Herod., VI, 38. Thucvd., V, II

5. Polyb., Vill, p. 5i3;'r)iodor., XXIX, 18. Plut., Vit. Arat., 53.

6. Pausnu., 111, 10, G. Diog. Laerl., I, 78 ; IX. 3G. Les chanteurs mythiques, tels qu'Orphée et Linos, les méticcins ol cnclianteui's, comme Alwiris et Toxaris, étaient aussi honorés comme des héros.

Sous la (lominalion romaine, Vhéroïsation, en devenant chaque jour plus fréquente, allait perdre entièrement son ancien caractère. Ce n'est plus comme autrefois le pouvoir religieux, c'est désormais le pouvoir civil qui décrète et confère les honneurs héroïques. L'adulation grecque ne se borne pas ii placer les Césars parmi les dieux. Comme le prouvent plusieurs inscriptions des Cyclades*, on vit des cités instituer un culte du même genre en mémoire de leurs bienfaiteurs et de leurs magistrats. Les familles à leur tour voulurent avoir des héros tirés de leursein, et bientôt cette mode devint si générale, que dans certaines parties de la Grèce, la plupart des morts lurent des héros. Sur les monuments funèbres de la Thcssalie et de la Béotie, il n'est pas rare de rencontrer cette épitaphc : -ripo); /po^xe x*^P-» ^^ héros excellent, adieu',» épitapheoû l'on chercherait vainement l'expression touchante d'un sentiment religieux et d'une assurance d'immortalité. Elle n'était, en effet, à l'origine, que l'exagération de la piété ou de la vanité des familles qui voulaient faire ressortir par un titre pompeux la valeur et les mérites exceptionnels d'un mort chéri. Avec le temps, elle devint une pure formule, et le mot « héros » n'eut pas plus de signification en grec que n'en a dans notre langue le mot « défunt ». N'est-il pas évident, d'ailleurs, que le cuite de ces morls glorifiés par leurs parents n'a jamais pu se confondre avec celui des anciens et véritables héros, qui ne cessèrent d'ottenir de leurs adorateurs des honneurs semidivins, et dont la religion vivacc semble s'être perpétuée jusque dans la Grèce chrétienne? Si, dans la légende de saint Georges pourfendant un dragon (|ui allait dévorer la tille d'un roi, il est difficile de méconnaître la tradition persistante de la légende de Persée, si saint Nikitas qui voyage à travers les airs monté sur un cheval ailé, n'est qu'une sorte de Bellérophon chrétien, combien d'autres éléments empruntes à l'ancienne mythologie héroïque ne se mêlent pas encore en Grèce aux croyances et aux superstitions modernes^ !

1. Ussing, Inscr. Gr.^ 30-41. Cf. Corpus ln%cr. gr., n. 2467 sqq. 3462; 3492, etc. Ross, Inscr. gr,, II, n. 197. Cf. une inscription de Magnésie provenant du recueil manuscrit de Cyrinque d'Ancônc, et publiée par M. Riemnnn, de l'École d'Athènct:, dans le Bulletin de correspondance hellénique (février 1877).

2. Ou encore : Itzï tô... -^/sw.. Voir nos Inscriptions inédiles de Béotie, n" 19-20, et sur la valeur de cette formule, K. Kcil, Sylloge Inscr. Bœot., n* 37, p. 153. Cf. Vidal -Lablache, De tilulis funebribus grœciSy à l'index, au mot Heroûm,

3. Pour ces rapprochements, que nous nous bornons a indiquer, voyez le livre si instructif de M. Bernhard Schmidt : Das Volksleben der Neugriechen und das hcllcnische Altcrthum, chap. I, ii : die Heiliger {heipiigy 1871).

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